5.5Le pèlerinage (hajj)

La visite de Médine : le chemin du salâm

Volet 10 sur 12 · Le pèlerinage (hajj)

Sommaire

Les rites sont accomplis, la désacralisation a rendu ses gestes au pèlerin, et le car reprend la route, vers le nord cette fois. Médine n’est pas une option touristique greffée au programme : c’est une visite à part entière, avec son statut, ses convenances et ses bornes. Cette leçon donne le parcours tel que les malikites l’ordonnent, de l’entrée de la ville jusqu’aux adieux.

Ce qu’est la visite : ni rite du hajj, ni option neutre

Premier point à tenir ferme, parce que la littérature francophone le brouille : la visite de Médine ne fait pas partie du pèlerinage. Ni pilier, ni condition, ni obligation : le hajj accompli est complet sans elle, et celui qui repart directement n’a rien manqué à son rite.

Mais côté mérite, l’échelle s’inverse. Qâdî ‘Iyâd ouvre son chapitre de la ziyâra dans al-Shifâ’ par une phrase qui dit tout :

« وَزِيَارَةُ قَبْرِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سُنَّةٌ مِنْ سُنَنِ الْمُسْلِمِينَ مُجْمَعٌ عَلَيْهَا وَفَضِيلَةٌ مَرْغَبٌ فِيهَا » wa-ziyâratu qabrihî ṣallâ-Llâhu ’alayhi wa-sallam sunnatun min sunani-l-muslimîna mujma’un ’alayhâ wa-faḍîlatun murghabun fîhâ « La visite de son tombeau ﷺ est une sunna des musulmans, sur laquelle ils sont d’accord, un mérite vers lequel on est encouragé. »

Al-Jazîrî le confirme côté juridique : la visite du tombeau de l’Élu ﷺ compte « parmi les plus éminents actes de proximité » (min ajalli-l-qurab).

Deuxième point : le voyage lui-même. Le hadith le plus cité fixe la licence :

« لَا تُشَدُّ الرِّحَالُ إِلَّا إِلَى ثَلَاثَةِ مَسَاجِدَ مَسْجِدِي هَذَا وَمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَمَسْجِدِ الْأَقْصَى » lâ tushaddu-r-riḥâlu illâ ilâ thalâthati masâjid : masjidî hâdhâ wa-masjidi-l-ḥarâm wa-masjidi-l-aqṣâ « On ne serre les bagages que vers trois mosquées : ma mosquée-ci, la mosquée sacrée, et la mosquée al-Aqṣâ. » (Muslim, no 1397a)

Lecture malikite : on se rend à Médine pour sa mosquée prophétique, et la visite du tombeau en est le cœur. Les responsa de Mālik traitent la station comme l’acte attendu du voyageur qui arrive ou qui repart.

Avant d’entrer : l’arrivée

Le chemin se prépare. Al-Jazîrî ordonne l’arrivée : multiplier la ṣalât et le salâm sur le Prophète ﷺ en route, entrer dans la ville dans ses meilleurs habits, le cœur humble. À l’approche, le ghushl se fait comme pour la janâba ; on s’apprête, car on vient à la ville du Choisi. Précision de route au passage : il n’y a pas d’iḥrâm à Médine. La sacralisation ne concerne que les rites de La Mecque, et celui qui repartira vers la ville sacrée pour les rites, Médinois compris, se placera en iḥrâm à Dhû l-Ḥulayfa, le mîqât des gens de Médine.

Dans la mosquée : les premiers gestes

On entre du pied droit, comme dans toute mosquée, et le Shifâ’ donne le mot de passe : « اللهم افتح لي أبواب رحمتك », Allâhumma-ftaḥ lî abwâba raḥmatik, « ô mon Dieu, ouvre-moi les portes de Ta miséricorde », précédé de la ṣalât sur le Prophète ﷺ. Puis deux rak’ât, de préférence dans la Rawḍa : l’« Utbiyya fait prier avant de saluer. Le mot même du Prophète ﷺ nomme l’endroit : « ما بين بيتي ومنبري روضة من رياض الجنة », mâ bayna baytî wa-minbarî rawḍatun min riyâḍi-l-jannah, « entre ma maison et ma chaire, un jardin parmi les jardins du Paradis » (al-Bukhârî, no 1196). Le sol que l’on foule entre la ḥujra (la chambre noble) et le minbar est un jardin donné d’avance.

Et le multiplicateur :

« صَلَاةٌ فِي مَسْجِدِي هَذَا خَيْرٌ مِنْ أَلْفِ صَلَاةٍ فِيمَا سِوَاهُ إِلَّا الْمَسْجِدَ الْحَرَامَ » ṣalâtun fî masjidî hâdhâ khayrun min alfi ṣalâtin fî-mâ siwâh illâ-l-masjida-l-ḥarâm « Une prière dans ma mosquée-ci vaut mieux que mille prières en dehors d’elle, hormis la mosquée sacrée. » (al-Bukhârî, no 1190)

La mosquée sacrée reste au-dessus, cent mille (Ibn Mâja, no 1406). Le séjour médinois s’organise sur cette échelle : al-Jazîrî recommande de prier toutes les prières du séjour dans la mosquée, et l’« Utbiyya donne le lieu le plus aimé des prières surérogatoires (tanafful) : le muṣallâ (l’emplacement de prière) du Prophète ﷺ, près de la colonne parfumée.

La station au tombeau : adab du salâm

Voici le moment que le voyageur attendait. Le Shifâ’ consigne la posture malikite, transmise par le Mabsûṭ de Mālik :

« يَقِفُ وَوَجْهُهُ إِلَى الْقَبْرِ لَا إِلَى الْقِبْلَةِ وَيَدْنُو وَيُسَلِّمُ وَلَا يَمَسُّ الْقَبْرَ بِيَدِهِ » yaqifu wa-wajhuhu ilâ-l-qabri lâ ilâ-l-qiblati wa-yadnû wa-yusallimu wa-lâ yamassu-l-qabra bi-yadih « Il se tient, le visage vers le tombeau et non vers la qibla ; il s’approche, il salue, et il ne touche pas le tombeau de sa main. »

On salue le Prophète ﷺ face à lui, d’une voix basse et d’un cœur humble : « السلام عليك أيها النبي ورحمة الله وبركاته », as-salâmu ’alayka ayyuhâ-n-nabiyyu wa-raḥmatu-Llâhi wa-barakâtuh, « la paix sur toi, ô Prophète, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions ». Al-Jazîrî y joint l’attestation : « أشهد أنك رسول الله فقد بلغت الرسالة وأديت الأمانة ونصحت الأمة », ashhadu annaka rasûlu-Llâhi fa-qad ballaghta-r-risâlata wa-addayta-l-amânata wa-naṣaḥta-l-ummah, « j’atteste que tu es le Messager d’Allah : tu as transmis le message, acquitté le dépôt, conseillé la communauté ». Puis on salue Abû Bakr, puis ’Umar, dont les tombes jouxtent la sienne.

Pour sa propre demande, l’école change de scène. Mālik le dit au verbatim, rapporté par le même livre : « je ne vois pas que l’on se tienne au tombeau du Prophète ﷺ pour implorer ; il salue et il s’en va ». Le du’â personnel se fait ailleurs dans la mosquée, face à la qibla.

Une phrase pour le terrain : les écoles ordonnent la station différemment, posture, gestes et formules varient. Sur place, tu verras des fidèles d’autres rites se placer autrement : pas de surprise, et pas de dispute. Le salâm est un lieu de courtoisie, pas de controverse.

Deux gardes-fous de Mālik bornent l’adab. Le premier concerne l’endroit : on ne se colle pas au tombeau. Le Compagnon qui posait la main le faisait sur la rummâna, le reste du tronc de palmier du minbar, un vestige vénéré, pas sur le tombeau ; les maîtres médinois cités par Qâdî ‘Iyâd ont toujours refusé qu’on s’agrippe au tombeau lui-même. Le second concerne les gens : les résidents ne sont pas tenus de s’arrêter à chaque passage dans la mosquée, « إنما ذلك للغرباء » (innamâ dhâlika li-l-ghurabâ’, « cela est pour les étrangers »), tandis que le voyageur qui arrive ou repart s’y arrête. Mālik l’a résumé d’un trait : « لا تجعلوا قبري عيدا » (lâ taj’alû qabrî ’îdan), « ne faites pas de mon tombeau une fête », et sa complémentaire : « اللهم لا تجعل قبري وثنا يعبد » (Allâhumma lâ taj’al qabrî wathanan yu’bad), « ô mon Dieu, ne fais pas de mon tombeau une idole qu’on adore ». La visite est un amour ordonné, pas une habitude qui s’emballe.

Le reste du parcours : Qubâ’, le Baqî’, Uḥud

Première sortie : la mosquée de Qubâ’. Le Coran l’a distinguée :

« لَمَسْجِدٌ أُسِّسَ عَلَى ٱلتَّقْوَىٰ مِنْ أَوَّلِ يَوْمٍ أَحَقُّ أَن تَقُومَ فِيهِ » « Une mosquée fondée sur la piété dès le premier jour est plus digne que tu t’y tiennes. » (9:108)

Et la récompense est chiffrée : « من تطهر في بيته ثم أتى مسجد قباء فصلى فيه صلاة كان له كأجر عمرة », man taṭahhara fî baytihî thumma atâ masjida Qubâ’a fa-ṣallâ fîhi ṣalâtan kâna lahû ka-ajri ‘umratin, « celui qui se purifie chez lui, vient à la mosquée de Qubâ’ et y prie : il a pour lui la récompense d’une ’umra » (Ibn Mâja, no 1412). On s’y rend purifié, on y prie, on a le prix d’une ’umra sans quitter la ville.

Deuxième étape : le Baqî’ al-Gharqad, le cimetière attenant à la mosquée. Y reposent les gens de la Famille : ’Abbâs, al-Ḥasan b. ’Alî, Zayn al-’Âbidîn, al-Bâqir, Ja’far ; le calife ‘Uthmân, Ibrâhîm le fils du Prophète ﷺ, et les mères des croyants. Et deux Médinois que le cours connaît bien : l’imâm Mālik et son maître Nâfi’. On y entre humblement, on salue, on implore pour eux.

Troisième étape : Uḥud, le jeudi de préférence selon al-Jazîrî. Le lieu de la première épreuve de la communauté, les tombes des martyrs, celle de Ḥamza, sayyidu-sh-shuhadâ’, le maître des martyrs. Al-Jazîrî donne le salâm : « سلام عليكم بما صبرتم فنعم عقبى الدار » (salâmun ’alaykum bi-mâ ṣabartum fa-ni’ma ’uqbâ-d-dâr), « la paix sur vous pour ce que vous avez enduré : qu’elle est bonne la demeure dernière ».

Une précision qui a sa place ici : la visite s’adresse à tous, hommes et femmes. Les textes qui l’ordonnent et les maîtres qui la décrivent ne distinguent pas les parcours.

Partir : les adieux et ce que Médine rend

L’adab du départ tient en deux gestes : al-Jazîrî recommande deux rak’ât d’adieu dans la mosquée, et un dernier salâm au Prophète ﷺ avant de reprendre la route.

Et Médine ne cesse de donner, même à celui qui repart. « المدينة خير لهم لو كانوا يعلمون », al-Madînatu khayrun lahûm law kânû ya’lamûn, « Médine est meilleure pour eux, s’ils savaient » (al-Bukhârî, no 1875) ; et l’invitation à y demeurer : « من استطاع أن يموت بالمدينة فليمت بها » (mani-staṭâ’a an yamûta bi-l-Madînati fa-l-yamût bihâ), « que celui qui peut mourir à Médine y meure » (al-Tirmidhî, no 3917). La ville est un lieu où habiter autant qu’à traverser.

Un dernier mot d’honnêteté, pour quand tu entendras les formules véhiculées. Les plus répandues sur la visite (« qui visite mon tombeau, mon intercession lui est due », « qui fait le hajj sans me visiter m’a délaissé ») ont des chaînes discutées ; les éditeurs du Shifâ’ le notent eux-mêmes en marge, et al-Jazîrî rappelle que l’acte se tient par les preuves générales. La visite n’a pas besoin d’elles : le socle des textes authentiques suffit, et c’est lui qui a porté cette leçon.

Retrouve tout le parcours sur le cours de fiqh et la rubrique le pèlerinage. Pour l’âme du geste, les convenances du cœur avec le Prophète ﷺ, l’article « les convenances spirituelles dans la relation au Prophète » prolonge la leçon.

Vérifiez votre compréhension

Question 1 sur 8 La visite de Médine, côté statut, c'est :
Une sunna consensuelle et encouragée, qui ne fait pas partie du hajj

C'est la phrase d'ouverture du Shifâ' : « زيارة قبره صلى الله عليه وسلم سنة من سنن المسلمين مجمع عليها وفضيلة مرغب فيها » (*ziyâratu qabrihî sunnatun min sunani-l-muslimîna mujma'un 'alayhâ*), sunna des musulmans, consensuelle, mérite encouragé. Ni pilier ni condition : le hajj accompli sans Médine est complet.

Un pilier du hajj sans lequel le pèlerinage est incomplet

Non : la visite n'entre pas dans le rite. Le pèlerin qui repart de La Mecque sans passer par Médine a un hajj complet et n'a rien manqué. C'est précisément ce qui la distingue de la 'umra au départ du voyage.

Un voyage déconseillé, sauf si l'intention vise la mosquée seule

La lecture malikite ne pose pas ce partage : on se rend à Médine pour sa mosquée prophétique, et la visite du tombeau en est le cœur. Les responsa de Mālik traitent la station au tombeau comme l'acte attendu du voyageur.

Question 2 sur 8 Le hadith « on ne serre les bagages que vers trois mosquées » signifie, pour le malikite :
Qu'il est interdit de partir vers Médine pour la ziyâra elle-même

Ce partage « mosquée visée, tombeau non-visé » n'est pas la lecture malikite du hadith. Chez Mālik, le voyage vers Médine est licite et la station au tombeau est l'acte que le voyageur y accomplit : « لا بأس لمن قدم من سفر أو خرج إلى سفر أن يقف على قبر النبي » (*lâ ba'sa li-man qadima min safarin aw kharaja ilâ safarin an yaqifa 'alâ qabri-n-Nabî*).

Qu'on voyage pieusement vers la mosquée prophétique, la visite du tombeau en étant le cœur

Le hadith (al-Bukhârî, no 1189) licite le voyage pieux vers trois mosquées dont celle de Médine. La ziyâra du tombeau est le cœur de cette visite : personne n'y va sans passer par la station au salâm.

Que tout voyage vers Médine est obligatoire après le hajj

Le hadith licite le voyage, il ne l'oblige pas : la visite reste une sunna, pas un rite ni une condition du pèlerinage.

Question 3 sur 8 On entre dans la mosquée prophétique. L'ordre attendu :
Saluer le Prophète ﷺ d'abord, la prière attendra

La station au tombeau vient après le passage par la mosquée : l'« Utbiyya pose l'ordre simple, le muslim entre, prie les deux rak'ât de salutation dans la Rawḍa s'il le peut, puis vient saluer.

Faire le tour de la ḥujra, comme d'un ṭawâf

Il n'y a pas de circumambulation du tombeau : le ṭawâf est le geste de la Ka'ba, pas de la station au salâm. On se tient face au tombeau, on salue, on s'en va.

Pied droit, du'â d'entrée, ṣalât sur le Prophète, deux rak'ât puis le salâm

Le Shifâ' donne le mot de passe : « اللهم افتح لي أبواب رحمتك » (*Allâhumma-ftaḥ lî abwâba raḥmatik*), précédé de la ṣalât sur le Prophète ﷺ ; puis deux rak'ât dans la Rawḍa si possible, enfin la station au tombeau.

Question 4 sur 8 La station au tombeau, à la manière malikite :
Face au tombeau, dos à la qibla, voix basse, sans toucher la grille

Verbatim du Mabsûṭ consigné dans le Shifâ' : « يقف ووجهه إلى القبر لا إلى القبلة ويدنو ويسلم ولا يمس القبر بيده » (*yaqifu wa-wajhuhu ilâ-l-qabri lâ ilâ-l-qiblati wa-yadnû wa-yusallimu wa-lâ yamassu-l-qabra bi-yadih*), il se tient face au tombeau et non vers la qibla, s'approche, salue, ne touche pas le tombeau de sa main.

Face à la qibla, le tombeau dans le dos

C'est l'ordre d'une autre école, pas le nôtre : chez Mālik, on fait face au tombeau pour le salâm. La posture différente qu'on voit sur place n'est pas une erreur, c'est une autre voie ordonnée.

La main posée sur la grille en signe de bénédiction

Les maîtres médinois l'ont toujours refusé : le Compagnon qui posait la main touchait la rummâna, le vestige du minbar, pas le tombeau. Le Mabsûṭ est explicite : « ولا يمس القبر بيده » (*wa-lâ yamassu-l-qabra bi-yadih*).

Question 5 sur 8 Chez Mālik, la demande personnelle (implorer pour soi) se fait :
Debout au tombeau, le plus longtemps possible

C'est justement ce que Mālik écarte au verbatim : « je ne vois pas que l'on se tienne au tombeau du Prophète ﷺ pour implorer ; il salue et il s'en va ». La station est un salâm, pas un comptoir de requêtes.

Ailleurs dans la mosquée, face à la qibla, après avoir salué

Le Mabsûṭ le fixe : « ولكن يسلم ويمضي », il salue et il s'en va ; le du'â pour soi a sa place face à la qibla, à l'emplacement du muṣallâ du Prophète ﷺ de préférence.

Nulle part : implorer dans la mosquée prophétique est interdit

Non : l'interdit n'existe pas. Le du'â reste un des meilleurs actes de la mosquée ; c'est le lieu de la station au tombeau qui n'en est pas le cadre, selon l'adab malikite.

Question 6 sur 8 Une prière dans la mosquée prophétique vaut :
Cent mille prières

Cent mille, c'est la mosquée sacrée de La Mecque qui multiplie ainsi (al-Ṭabarânî). Médine suit juste en dessous dans l'échelle.

Autant qu'ailleurs : le lieu ne multiplie pas la récompense

Le lieu multiplie : le hadith chiffre la mosquée prophétique à mille, et la sacrée cent fois plus. D'où le conseil d'al-Jazîrî de prier tout le séjour dans la mosquée.

Mille prières, la mosquée sacrée restant au-dessus

« صلاة في مسجدي هذا خير من ألف صلاة فيما سواه إلا المسجد الحرام » (*ṣalâtun fî masjidî hâdhâ khayrun min alfi ṣalâtin fî-mâ siwâh illâ-l-masjida-l-ḥarâm*), al-Bukhârî no 1190. Le muṣallâ du Prophète, près de la colonne parfumée, est l'endroit préféré du tanafful selon l'« Utbiyya.

Question 7 sur 8 La mosquée de Qubâ', dans le parcours de la visite :
Une étape obligatoire, sans laquelle la visite est fautive

Rien du parcours n'oblige : la visite entière est sunna. Qubâ' est une étape encouragée, pas une condition.

Première mosquée fondée sur la piété : y prier purifié vaut une 'umra

Le Coran l'a distinguée (9:108 : « fondée sur la piété dès le premier jour »), et le hadith chiffre : « من تطهر في بيته ثم أتى مسجد قباء فصلى فيه صلاة كان له كأجر عمرة », se purifier chez soi, venir, prier : la récompense d'une 'umra (Ibn Mâja, no 1412).

Un lieu à écarter, hors du parcours malikite

Au contraire : al-Jazîrî et le Shifâ' la placent dans le parcours de la visite, avec le Baqî' et Uḥud.

Question 8 sur 8 Les gardes-fous de Mālik sur la visite disent :
Les résidents de Médine doivent saluer le tombeau à chaque entrée de mosquée

C'est l'inverse : « ليس يلزم من دخل المسجد وخرج منه من أهل المدينة الوقوف بالقبر » (*laysa yalzamu man dakhala-l-masjida wa-kharaja minhû min ahli-l-Madînati-l-wuqûfa bi-l-qabr*), les gens de Médine ne sont pas tenus de s'arrêter à chaque passage ; la station est le geste du voyageur qui arrive ou repart.

La visite est réservée aux hommes

Non : la visite s'adresse à tous. Les textes qui l'ordonnent et les maîtres qui la décrivent ne distinguent pas les parcours.

Ne pas faire du tombeau une fête répétée ni une idole : la station est le geste du voyageur

Les deux formules de Mālik le disent : « لا تجعلوا قبري عيدا » (*lâ taj'alû qabrî 'îdan*), ne faites pas de mon tombeau une fête, et « اللهم لا تجعل قبري وثنا يعبد » (*Allâhumma lâ taj'al qabrî wathanan yu'bad*), ne fais pas de mon tombeau une idole qu'on adore. L'amour ordonné, sans l'habitude qui s'emballe.