5.2cLe pèlerinage (hajj)

La lapidation, le sacrifice et la sortie des rites

Volet 5 sur 12 · Le pèlerinage (hajj)

Sommaire

Le matin du 10 dhû-l-ḥijja, le cortège descendu de Muzdalifa entre à Minâ et enchaîne les quatre gestes du jour du Nahr : le jet de la jamra de ’Aqaba, le sacrifice pour qui le doit, la rasade, puis le retour à la Maison pour l’ifâda. Leur ordre sunna, leurs fenêtres et le moment où tout redevient licite : c’est ce jour, puis les jours de tashrîq, et enfin le tawaf des adieux.

Ce cours enchaîne la journée précédente : ’Arafat, Muzdalifa et Minâ.

Le jet de la ’Aqaba : sept cailloux et le takbîr

Premier geste à l’arrivée : le ramy (الرمي, le jet) de la jamrat al-’Aqaba, la stèle la plus proche de La Mecque. Sept petits cailloux, un takbîr à chacun. Le matn le pose net : « ورميه العقبة حين وصوله » (wa-ramyuhu al-’Aqabata ḥîna wuṣûlihi), « وتكبيره مع كل حصاة » (wa-takbîruhu ma’a kulli ḥaṣâh). La Risâla précise la munition : « بسبع حصيات مثل حصى الخذف » (bi-sab’i ḥaṣayâtin mithla ḥaṣâ-l-khadhf, « sept cailloux comme la menue pierre des frondes »), des graviers, pas des pierres.

Ibn ’Umar le faisait ainsi : sept cailloux, takbîr après chaque jet, et il lançait la ‘Aqaba depuis le fond du vallon ; il stationnait pour un long du’â’ face à la qibla après les deux autres jamarât, jamais après ’Aqaba (Bukhârî, no 1751). Le jour du Nahr, cette seule jamra est lancée ; les trois viendront les jours suivants.

Le sacrifice et la rasade

Pour qui doit un hady (هدي, l’animal offert), la bête est égorgée à Minâ, avant le zawâl (matn : « وذبح قبل الزوال », wa-dhabḥun qabla aẓ-ẓawâl). Qui doit un hady, pour quelles bêtes et dans quels modes de hajj : c’est l’objet du cours 5.3 du module « Le pèlerinage », consacré à l’’umra et aux trois modes.

Puis les cheveux. L’homme se rase la tête (« ثم حلقه », thumma ḥalqahu), la rasade étant meilleure, dit la Risâla (« الحلاق أفضل », al-ḥallâqu afdal) ; le raccourci suffit (والتقصير مجز). La femme ne rase jamais : elle prend un bout de cheveu de la taille d’une phalange (« وهو سنة المرأة : تأخذ قدر الأنملة », wa-huwa sunnatu-l-mar’ati : ta’khudhu qadra-l-anâmil).

Le premier taḥallul : presque tout redevient licite

Dès le jet de ’Aqaba accompli, le premier taḥallul (التحلل, la désacralisation) s’ouvre : les interdits de l’iḥrâm tombent sauf les rapports conjugaux et la chasse. Le matn : « وَحَلَّ بِهَا غَيْرَ نِسَاءٍ وَصَيْدٍ » (wa-ḥalla bihâ ghayra nisâ’in wa-ṣayd, « il est désacralisé par elle, sauf femmes et chasse »). Les habits cousus, le parfum, la tête couverte redeviennent licites dès cette heure.

L’ifâda : le tawaf qui clôt le hajj

Reste le retour à la Maison : le tawaf al-ifâda (طواف الإفاضة, le tawaf de la déferlante), nommé pour la foule qui se jette vers la Ka’ba. Al-Jazîrî le range parmi les piliers du hajj. Une fois fait, « وحل به ما بقي إن حلق » (wa-ḥalla bihi mâ baqiya in ḥalaq, « et le reste devient licite par lui s’il s’est rasé ») : le taḥallul complet suppose les deux, l’ifâda et la rasade ; alors tout redevient licite, y compris l’intimité.

L’ordre des actes : sunna et souplesse

L’ordre idéal : jet, sacrifice, rasade, ifâda. Le madhhab connaît la vie des caravanes : qui égorge avant le jet, cela suffit sans compensation, dit le rapport de Mâlik cité par le matn : « من ذبح قبل الرمي… أجزأه ولا دم عليه » (man dhabaḥa qabla r-ramy… ajza’ahu wa-lâ dama ’alayh, Tâj wa-l-Iklîl 3/131). Le matn tolère aussi d’avancer la rasade ou l’ifâda sur le jet, hors cas particuliers (وتقديم الحلق أو الإفاضة على الرمي لا إن خالف في غير). Dans la foule réelle, l’ordre se plie sans que le rite se casse.

Les jours de Minâ : nuits et cailloux

Les jours de tashrîq (أيام التشريق, les 11, 12 et 13) se vivent à Minâ. Deux obligations :

Les nuits. La présence nocturne à Minâ est exigée : « وإن ترك جل ليلة فدم » (wa-in taraka julla laylatin fa-dam, « s’il laisse la majeure partie d’une nuit, le dam »). Qui part avant le coucher du deuxième jour voit tomber sa nuit et son jet du troisième : c’est le cas du départ pressé.

Les jets. Chaque jour, les trois jamarât reçoivent chacune sept cailloux, dans l’ordre : la petite, la moyenne, puis ’Aqaba, du zawâl au coucher (« ورمي كل يوم الثلاث وختم بالعقبة من الزوال للغروب », wa-ramyu kulla yawmin ath-thalâtha wa-khatma bi-l-‘Aqabati mina z-ẓawâli li-l-ghurûb). Après la première et la deuxième, on stationne pour le du’â’ ; pas après ’Aqaba, où l’on s’en va (Risâla : « ولا يقف عند جمرة العقبة ولينصرف »). Qui ne peut pas lancer, enfant ou incapable, mandate : « ويستنيب فيتحرى وقت الرمي ويكبر » (wa-yastanîbu fa-yataḥarrâ waqta r-ramyi wa-yukabbir, « il mandate quelqu’un qui veille l’heure du jet et fait le takbîr »).

Le départ : ta’ajjul et tawaf des adieux

Le Coran lui-même prévoit le départ pressé :

« فَمَن تَعَجَّلَ فِى يَوْمَيْنِ فَلَآ إِثْمَ عَلَيْهِ وَمَن تَأَخَّرَ فَلَآ إِثْمَ عَلَيْهِ » fa-man ta’ajjala fî yawmayni fa-lâ ithma ’alayhi wa-man ta’akhkhara fa-lâ ithma ’alayh « Qui se hâte en deux jours n’a pas de péché, et qui tarde n’a pas de péché. » (Coran 2:203, traduction du sens de Hamidullah)

Le ta’ajjul (التعجل, la hâte) : qui quitte Minâ avant le coucher du deuxième jour de tashrîq voit le troisième jour tomber, nuits et jets compris (matn : « أو ليلتين إن تعجل », aw laylatayni in ta’ajjal).

Puis le dernier geste avant de quitter La Mecque : le tawaf al-wadâ’, le tawaf de l’adieu. Il incombe à qui part loin : le matn oppose al-Juḥfa, station lointaine, à at-Tan’îm, porte de la ville (« إن خرج لكالجحفة لا كالتنعيم », in kharaja li-ka-l-Juḥfati lâ ka-t-Tan’îm) ; un séjour diurne en ville l’annule, sauf nécessité légère. La femme en ḥayḍ ou nifâs n’a pas à l’attendre : « وحبس الكري والولي لحيض أو نفاس » (wa-ḥabsu-l-kirîya wa-l-waliyya li-ḥayḍin aw nifâs, « retenir la bête louée ou le groupe pour une ḥayḍ ou des lochies tombe »). Le cas qui a fixé la règle :

« أَحَابِسَتُنَا هِيَ » a-ḥâbisatunâ hiya ; « فَلاَ إِذًا » fa-lâ idhan « Nous retient-elle ? », demanda le Prophète ﷺ quand Ṣafiyya eut ses règles ; on lui dit qu’elle avait déjà fait l’ifâda : « Alors non. » (Bukhârî, no 1757 ; et le principe général : « لاَ يَنْفِرَنَّ أَحَدٌ حَتَّى يَكُونَ آخِرُ عَهْدِهِ بِالْبَيْتِ », « que nul ne parte avant que son dernier engagement soit la Maison », Ṣaḥîḥ Muslim, no 1327)

Elle attendait déjà pour l’ifâda, que les règles ne dispensent pas, mais pas pour l’adieu.

Le hajj, en une trajectoire

Iḥrâm au mîqât, tawaf et sa’y, la nuit de Minâ, le jour de ’Arafa, la descente de Muzdalifa, les cailloux, le sacrifice, la rasade, la Maison deux fois encore, puis l’adieu. Chaque geste a sa fenêtre et sa souplesse. Les erreurs fréquentes et leurs compensations relèvent du cours 5.4 ; les modes du hajj et la ’umra, du cours 5.3 ; et la visite de Médine, du cours 5.5. Vue d’ensemble : le Cours de fiqh et tout le module « Le pèlerinage ».

Vérifiez votre compréhension

Question 1 sur 8 Arrivé à Minâ le matin du 10, quel est le premier geste du pèlerin ?
lancer d'abord la plus petite jamra, puis la moyenne, puis 'Aqaba

Le jour du Nahr, une seule jamra est lancée : 'Aqaba, la plus proche de La Mecque. Les trois jamarât ensemble n'interviennent que les jours suivants à Minâ.

lancer sept petits cailloux sur la jamra de 'Aqaba, en faisant le takbîr à chacun

Le matn : « ورميه العقبة حين وصوله » (*wa-ramyuhu al-'Aqabata ḥîna wuṣûlihi*, « son jet de la 'Aqaba dès son arrivée ») avec takbîr à chaque caillou (وتكبيره مع كل حصاة, *wa-takbîruhu ma'a kulli ḥaṣâh*). La Risâla précise la munition : « بسبع حصيات مثل حصى الخذف » (sept cailloux comme la menue pierre des frondes). Ibn 'Umar faisait le takbîr après chaque jet (Bukhârî 1751).

faire le tawaf de l'ifâda d'abord, puis lancer les cailloux en fin de journée

L'ordre sunna met le ramy en tête du jour. Le matn tolère bien d'avancer la rasade ou l'ifâda sur le jet dans certains cas, mais la norme reste : les cailloux d'abord.

Question 2 sur 8 Le pèlerin a égorgé son hady avant de lancer les cailloux. Que dit le madhhab ?
son sacrifice ne compte pas : il doit en égorger un autre dans l'ordre

Le rapport de Mâlik le valide expressément : aucun second sacrifice ni dam. L'ordre sunna n'est pas une condition qui annule l'acte fait autrement.

un dam est dû : l'ordre des actes est absolu

C'est justement ce que le rapport de Mâlik écarte : l'inversion du sacrifice et du jet n'entraîne aucune compensation.

cela suffit, sans compensation : le rapport de Mâlik le valide

L'ordre sunna est ramy, sacrifice, rasade, ifâda, mais le matn note la souplesse : « من ذبح قبل الرمي، أو حلق بعد الرمي قبل أن تذبح، أجزأه ولا دم عليه » (*man dhabaḥa qabla r-ramy… ajza'ahu wa-lâ dama 'alayh*, « qui égorge avant le jet, ou se rase après le jet avant que sa bête ne soit égorgée : cela suffit, pas de dam », Tâj wa-l-Iklîl 3/131). Le matn tolère aussi d'avancer la rasade ou l'ifâda sur le jet, hors cas particuliers.

Question 3 sur 8 Homme ou femme, que fait-on des cheveux à la sortie de l'iḥrâm ?
l'homme se rase de préférence ou se raccourcit ; la femme prend une mèche et ne rase jamais

Le matn : « ثم حلقه ولو بنورة إن عم رأسه والتقصير مجز وهو سنة المرأة : تأخذ قدر الأنملة » (*thumma ḥalqahu… wa-t-taqṣîru mujzi'un wa-huwa sunnatu-l-mar'ati : ta'khudhu qadra-l-anâmil*, « puis sa rasade, même au rasoir si elle couvre la tête ; le raccourci suffit, et c'est la sunna de la femme : prendre un bout de doigt de cheveux »). La Risâla tranche : « الحلاق أفضل » (*al-ḥallâqu afdal*, la rasade est meilleure) pour l'homme ; la tête de la femme, elle, ne se rase pas.

hommes et femmes se rasent la tête : c'est le signe extérieur de la fin des interdits

La femme ne rase pas la tête : sa sunna est de prendre une mèche de la taille d'un bout de doigt. Rasade complète = homme.

personne ne se rase : le raccourci suffit pour tous

Le raccourci suffit en validité, mais la rasade est meilleure pour l'homme, disent matn et Risâla. Limiter tout le monde au raccourci ignore la préférence de l'école.

Question 4 sur 8 Qu'est-ce que le premier taḥallul, et quand survient-il ?
le taḥallul est unique : tout redevient licite dès la rasade

Le madhhab en distingue deux : le premier lève presque tout (sauf intimité conjugale et chasse) après le jet, le complet lève tout après l'ifâda. La rasade marque le geste, pas le statut.

après le jet de 'Aqaba : tout redevient licite sauf les rapports conjugaux et la chasse ; le taḥallul complet suit l'ifâda

Le matn le pose net : « وَحَلَّ بِهَا غَيْرَ نِسَاءٍ وَصَيْدٍ » (*wa-ḥalla bihâ ghayra nisâ'in wa-ṣayd*, « il est désacralisé par elle, sauf femmes et chasse ») après le ramy ; puis « ثم يفيض وحل به ما بقي إن حلق » (*thumma yafîḍu wa-ḥalla bihi mâ baqiya in ḥalaq*, « puis il déferle, et le reste devient licite par lui s'il s'est rasé »). Deux taḥallul donc : après le jet pour presque tout, après la rasade et l'ifâda pour tout.

le premier taḥallul lève aussi les rapports conjugaux : seule la chasse reste interdite

Le matn exclut les femmes du premier taḥallul comme la chasse : les deux restent interdits jusqu'à l'ifâda.

Question 5 sur 8 Les jours de tashrîq à Minâ : combien de cailloux, quand, dans quel ordre ?
vingt et un cailloux à 'Aqaba seule, à n'importe quelle heure

Deux erreurs : les trois jamarât sont lancées chaque jour (pas 'Aqaba seule), et la fenêtre va du zawâl au coucher. Le jour du Nahr seul n'avait qu'une jamra.

sept cailloux répartis entre les trois jamarât, avant le zawâl de préférence

Chaque jamra reçoit sept cailloux, pas sept au total. Et la fenêtre s'ouvre au zawâl, pas avant.

sept à chacune des trois jamarât, après le zawâl jusqu'au coucher, dans l'ordre jusqu'à 'Aqaba

Le matn : « ورمي كل يوم الثلاث وختم بالعقبة من الزوال للغروب… وبترتبهن » (*wa-ramyu kulla yawmin ath-thalâtha wa-khatma bi-l-'Aqabati mina z-ẓawâli li-l-ghurûb… wa-bi-tartîbihinna*, « et le jet chaque jour aux trois, en finissant par la 'Aqaba, du zawâl au coucher, et dans leur ordre »). Vingt et un cailloux par jour donc : sept par jamra, la petite, la moyenne, puis 'Aqaba, avec une station de du'â' après les deux premières seulement.

Question 6 sur 8 Un groupe veut quitter Minâ tôt. Quand le départ pressé (ta'ajjul) est-il permis, et que fait-il tomber ?
à n'importe quelle heure du deuxième jour de tashrîq : partir suffit

Le départ pressé a un cadre : le Coran l'ouvre « فَمَن تَعَجَّلَ فِي يَوْمَيْنِ » (2:203, « qui se hâte en deux jours »), et le matn le précise « أو ليلتين إن تعجل » (deux nuits s'il se hâte). La borne reste le coucher du deuxième jour.

avant le coucher du deuxième jour de tashrîq : le troisième jour tombe, nuits et jets compris

Coran 2:203 : « فَمَن تَعَجَّلَ فِي يَوْمَيْنِ فَلَا إِثْمَ عَلَيْهِ وَمَن تَأَخَّرَ فَلَا إِثْمَ عَلَيْهِ » (« qui se hâte en deux jours n'a pas de péché, qui tarde n'a pas de péché »). Le matn règle les nuits en conséquence : « أو ليلتين إن تعجل » (*aw laylatayni in ta'ajjal*, « ou deux nuits s'il se hâte »). Partir dans le cadre licite lève tout le reste.

le ta'ajjul lève seulement les jets des jamarât, pas les nuits de Minâ

Les deux tombent ensemble : le départ pressé couvre et les nuits et les jets qui leur sont liés. Quitter Minâ en restant redevable des nuits serait une demi-sortie que les sources ne connaissent pas.

Question 7 sur 8 Un pèlerin âgé ne peut pas se frayer un passage jusqu'aux stèles. Quelle issue ?
il renonce au jet : le ramy est impossible dans la foule et tombe pour tous

Le jet ne tombe pas pour incapacité : le matn offre la procuration. L'oublier serait abandonner un devoir dont la voie existe.

il jette du haut du pont sans viser : seule l'intention compte

Le jet garde ses conditions (cailloux qui tombe sur la jamra ou en force vers elle), et le matn répond par la procuration, pas par l'allègement du geste.

il mandate quelqu'un qui lance pour lui, en veillant l'heure et en faisant le takbîr

Le matn le prévoit nommément : « وإن لصغير لا يحسن الرمي أو عاجز ويستنيب فيتحرى وقت الرمي ويكبر » (*wa-in li-ṣaghîrin lâ yuḥsinu r-ramya aw 'âjizin wa-yastanîbu fa-yataḥarrâ waqta r-ramyi wa-yukabbir*, « et pour un petit qui ne sait pas lancer ou un incapable : il mandate, le mandaté veille l'heure du jet et fait le takbîr »). La procuration (istinâba) est la voie du madhhab pour qui ne peut pas se déplacer.

Question 8 sur 8 Avant de quitter La Mecque, le pèlerin entend parler du tawaf al-wadâ'. Qui le doit, qui en est dispensé ?
qui part loin le doit ; le proche qui reste aux environs s'en dispense, et la femme en ḥayḍ ou nifâs n'attend pas pour partir

Le matn : « وطواف الوداع إن خرج لكالجحفة لا كالتنعيم » (*wa-ṭawâfu-l-wadâ'i in kharaja li-ka-l-Juḥfati lâ ka-t-Tan'îm*, « et le tawaf de l'adieu s'il part loin, comme al-Juḥfa, pas pour le proche comme at-Tan'îm »), et « وحبس الكري والولي لحيض أو نفاس » (*wa-ḥabsu-l-kirîya wa-l-waliyya li-ḥayḍin aw nifâs*) : retenir la compagnie pour une ḥayḍ/nifâs tombe. Cas fondateur : Ṣafiyya eut ses règles ; « أحابستنا هي », dit le Prophète ﷺ, et on lui répond qu'elle avait déjà fait l'ifâda : « فلا إذًا » (*fa-lâ idhan*, « alors non », elle peut partir, Bukhârî 1757).

tout le monde le doit sans exception : on ne quitte jamais La Mecque sans l'avoir fait

Le matn distingue : départ lointain = wadâ' dû ; proche comme at-Tan'îm = dispensé ; et la ḥayḍ/nifâs dispense aussi du wadâ', comme le montre le cas de Ṣafiyya.

seules les femmes le doivent : pour elles, le dernier regard à la Maison est obligatoire

Le wadâ' concerne tout départ lointain, homme ou femme. Les femmes ont même une dispense que les hommes n'ont pas : la ḥayḍ et le nifâs les libèrent de l'attendre.