· 19 octobre 2026 · 2 min de lecture · quiz ≈ 5 min
Volet 4 sur 8 · Découvrir le fiqh
Les juristes malikites distinguent l’amal médinois, la pratique de Médine prise en compte par les juristes, des avis construits par raisonnement. Ils examinent aussi le sadd al-dharâ’i’, qui signifie « bloquer certains moyens », lorsque ceux-ci risquent de conduire à un résultat interdit. Ces distinctions aident à comprendre leur démarche, sans permettre de trancher seul un cas personnel.
La leçon précédente présentait les sources et les façons de raisonner en fiqh. Ici, deux textes malikites nous éclairent : al-Ma’ûna d’al-Qâdî ’Abd al-Wahhâb et al-Furûq d’al-Qarâfî.
Une pratique transmise ou un avis de juriste
Dans al-Ma’ûna, al-Qâdî ’Abd al-Wahhâb distingue l’accord transmis d’un avis obtenu par raisonnement (t. 3, pp. 1743-1744). Une pratique simplement répandue n’a pas automatiquement la même autorité.
Dans ce passage, l’auteur considère qu’un accord médinois transmis doit être suivi. Un avis issu de l’ijtihâd, l’effort d’un juriste qualifié pour tirer un jugement des sources, peut aussi peser dans le choix entre plusieurs avis. Il ne rend pas interdit de suivre un avis différent.
Évaluer les conséquences d’un moyen
Le juriste examine le résultat auquel un moyen risque de mener. Si le danger est suffisamment probable, il peut empêcher ce moyen. Le simple fait qu’une action puisse avoir un usage interdit ne suffit pas.
Al-Qarâfî l’explique par deux exemples. La culture de la vigne n’est pas interdite au seul motif que les raisins pourraient servir à produire du vin (al-Furûq, t. 3, p. 274). Cela ne rend pas la production de vin licite.
À l’inverse, al-Qarâfî rapporte qu’on empêche de creuser un puits sur un chemin lorsqu’on sait, ou qu’on estime probable, que des passants y tomberont (al-Furûq, t. 3, p. 274).
La chute dans le puits est jugée probable ; le mauvais usage de la vigne reste une possibilité. Ce contraste montre pourquoi le juriste examine chaque situation au lieu d’interdire tous les moyens en bloc.
Un débutant peut reconnaître ces deux raisonnements. Il ne peut pas en déduire seul une règle pour un cas personnel : il doit consulter un savant qualifié.