2.3bLa prière (salat)

L'enchaînement des unités jusqu'au salam

Volet 4 sur 16 · La prière (salat)

Sommaire

La rak’a est apprise : le takbîr d’entrée, la station de la Fâtiha, l’inclinaison posée, le redressement, les deux prosternations. La prière entière l’assemble deux, trois ou quatre fois, avec deux stations assises en plus : celle du milieu et celle de la fin. Cet assemblage fait l’objet de la leçon : du premier tashahhud au salâm qui ferme l’acte. Si la rak’a n’est pas encore limpide, la leçon précédente la reprend pas à pas.

La deuxième rak’a, puis s’asseoir

La deuxième rak’a répète la première à l’identique : on se relève de la seconde prosternation en disant « Allâhu akbar », la station, la Fâtiha, la sourate. Dernière fois pour la sourate : al-Akhdarî la range parmi les sunnas, et Khalîl la limite aux deux premières rak’as. Puis l’inclinaison, le redressement, les deux prosternations.

Cette fois, au lieu de se relever, on s’assied : la première séance, le julûs awwal, et le premier tashahhud, le témoignage, s’y dit. Al-Akhdarî classe « les deux tashahhud et leurs séances » parmi les sunnas : une station enseignée, que la pratique n’abandonne pas. Le texte qu’on y dit, ’Â’isha, l’épouse du Prophète ﷺ, le rapportait ainsi :

« التَّحِيَّاتُ الطَّيِّبَاتُ، الصَّلَوَاتُ الزَّاكِيَاتُ لِلَّهِ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ، السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ، السَّلَامُ عَلَيْكُمْ » at-taḥiyyâtu ṭ-ṭayyibâtu, ṣ-ṣalawâtu z-zâkiyâtu li-Llâhi, ash-hadu an lâ ilâha illâ Llâhu waḥdahû lâ sharîka lahû, wa-ash-hadu anna Muḥammadan ’abdu Llâhi wa-rasûluhû, as-salâmu ’alayka ayyuhâ n-nabiyyu wa-raḥmatu Llâhi wa-barakâtuhû, as-salâmu ’alaynâ wa-’alâ ’ibâdi Llâhi ṣ-ṣâliḥîna, as-salâmu ‘alaykum « Les salutations, les bonnes ; les prières, les pures, sont à Dieu. J’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu, seul, sans associé ; et j’atteste que Muhammad est le serviteur de Dieu et Son envoyé. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs de Dieu vertueux. Que la paix soit sur vous. » (Muwatta’, n° 56 ; trad. maison)

La formule s’achève par les mots mêmes de la sortie, « que la paix soit sur vous » : le texte du témoignage et le salâm se rejoignent. D’autres rites transmettent d’autres agencements de ces mêmes salutations ; celle-ci est la version que le Muwatta’ conserve.

Les rak’as 3 et 4 : la Fâtiha seule

Du premier tashahhud, on se relève pour la troisième rak’a. Elle se déroule comme les autres, à une lecture près : la sourate n’y paraît plus. La Fâtiha seule est dite, intégrale de chaque rak’a selon l’avis dominant de l’école. Puis l’inclinaison, le redressement, les deux prosternations posées. La quatrième, identique.

Pour une prière de trois rak’as comme le maghrib, le même rythme suffit : première séance après la deuxième rak’a, relèvement pour la troisième, puis la séance finale. Pour une prière de deux rak’as comme le ṣubḥ, plus rien après le premier tashahhud : la séance qu’on tient est déjà la dernière.

La dernière séance

La séance finale porte un autre poids que la première : al-Akhdarî écrit dans les intégraux « le salâm et la séance qui l’accompagne ». S’asseoir avant de saluer fait donc partie du squelette de la prière, au même titre que le takbîr ou la prosternation.

On y dit le dernier tashahhud, la même formule que celle du milieu, en sunna confirmée, de celles qu’on n’abandonne pas. S’y ajoutent, en sunna toujours, la prière sur le Prophète ﷺ et l’invocation libre : « la prière sur le Messager de Dieu ﷺ » figure dans la liste des sunnas du matn. Sa formule complète, celle de la famille d’Ibrâhîm, relève d’une leçon d’approfondissement.

Le salâm : sortir de la prière

Le dernier acte est un mot de paix. Khalîl le fixe sobrement : « السلام عليكم » (as-salâmu ’alaykum), « que la paix soit sur vous » ; la formule de la réponse, « salâmun ’alaykum wa-’alayka s-salâm », y suffit aussi, écrit-il. Ce salâm est un intégral : il ferme la prière comme le takbîr l’avait ouverte. Le fidèle derrière l’imam y ajoute, en sunna, un deuxième puis un troisième salâm, en réponse à l’imam ; l’imam, lui, dit le sien à voix haute.

Après le salâm, la prière est close. Ce que la langue y ajoute, les invocations de la sortie, relève des évocations d’après-prière, les adhkâr : un sujet d’approfondissement, pas de cette leçon.

Le déroulé complet d’une prière de quatre rak’as

Étape Contenu Rang
Takbîr d’entrée + intention « Allâhu akbar », les mains levées intégral
Unité 1 Fâtiha + sourate intégral + sunna
Inclinaison, redressement, 2 prosternations postures posées intégraux
Unité 2 Fâtiha + sourate (dernière sourate) intégral + sunna
Séance médiane premier tashahhud sunna
Unités 3 et 4 Fâtiha seule, postures posées intégral
Séance finale dernier tashahhud, prière sur le Prophète ﷺ, invocation intégral + sunnas
Salâm « السلام عليكم » intégral

L’ordre de la colonne n’est pas une mise en page : tartîb, l’ordre entre les intégraux, est lui-même un intégral du matn. On ne s’assied pas pour le dernier tashahhud avant la quatrième prosternation, comme on ne se prosterne pas avant de s’être incliné.

La suite du parcours ouvre un autre niveau de la pratique : les sunnas de la prière et la position des bras, que le cours suivant traite. Le parcours entier sur la page de la formation de fiqh ; le module de la prière sur sa page.

Vérifiez votre compréhension

Question 1 sur 6 Dans les rak'as 3 et 4 d'une prière, que lit-on après le takbîr debout ?
la Fâtiha seule : la sourate est une sunna des deux premières rak'as

Al-Akhdarî range « la sourate qui suit la Fâtiha » parmi les sunnas ; Khalîl la limite aux deux premières rak'as. La Fâtiha, elle, reste due dans chaque rak'a de la prière.

la Fâtiha et une sourate, comme dans la première rak'a

La sourate supplémentaire n'existe pas au-delà de la deuxième rak'a : la confondre allongerait les rak'as tardives d'un élément que la pratique réserve aux premières.

rien : on s'incline directement après le takbîr

Silencer la lecture ferait tomber un intégral : la Fâtiha est due dans chaque rak'a selon l'avis dominant de l'école. Ce n'est que la sourate qui s'arrête à la deuxième.

Question 2 sur 6 Quelle séance de la prière est un intégral ?
toutes les séances le sont au même titre

Les séances n'ont pas le même rang : la première séance, celle du premier tashahhud, est une sunna chez les manuels malikites. Seule la dernière porte le poids d'un intégral.

aucune : s'asseoir n'est qu'une commodité du corps

Le matn d'al-Akhdarî nomme « le salâm et la séance qui l'accompagne » dans les intégraux : la dernière séance fait partie du squelette de la prière, pas de son confort.

la séance finale, celle qui accompagne le salâm

C'est la formulation du matn : le salâm et « sa séance qui l'accompagne » sont intégraux. On ne sort donc pas de la prière debout : on s'assied, on dit le tashahhud, puis on salue.

Question 3 sur 6 Le tashahhud, dans la classification de l'école…
les deux tashahhud sont des intégraux, comme le salâm

Al-Akhdarî range « les deux tashahhud et leurs séances » parmi les sunnas, non les intégraux. L'intégral de la fin, c'est la séance qui accompagne le salâm et le salâm lui-même.

est une sunna : le dernier est confirmé, le premier plus léger

C'est le classement des manuels : « التشهدان والجلوس لهما » parmi les sunnas chez al-Akhdarî, et le dernier est de ceux qu'on ne délaisse pas. Sa récitation pare la fin de la prière.

est une simple coutume des mosquées, rien d'enseigné

Le tashahhud n'est pas une coutume : le Muwatta' rapporte la formule que 'Â'isha disait, enseignée du Prophète ﷺ, et les manuels la classent nommément. Une pratique textuelle, pas un usage.

Question 4 sur 6 Comment sort-on de la prière selon le rite malikite ?
par le salâm « السلام عليكم », dit une fois : c'est l'intégral de sortie

Khalîl fixe la forme : « السلام عليكم » (*as-salâmu 'alaykum*), et la forme de réponse « سلام عليكم وعليك السلام » y suffit. Le deuxième et le troisième salâm appartiennent au fidèle derrière l'imam, en sunna.

en se levant silencieusement : la prière s'arrête d'elle-même

Rien ne s'arrête de soi-même : le salâm est un intégral nommé par le matn, la porte de sortie comme le takbîr était la porte d'entrée. Sans lui, la prière reste ouverte.

par deux salâms obligatoires, un à droite puis un à gauche

Les salâms supplémentaires existent, mais en sunna et pour le fidèle derrière l'imam : le matn n'exige qu'un seul salâm pour sortir. Confondre sunna et intégral alourdit la règle.

Question 5 sur 6 Après la deuxième rak'a du ẓuhr (quatre rak'as), le corps…
s'assied pour le premier tashahhud, puis se relève

La première séance suit la deuxième rak'a : premier tashahhud en sunna, puis on se relève pour la troisième. C'est le rythme de toute prière de trois ou quatre rak'as.

se relève directement : on ne s'assied qu'à la fin

La séance médiane existe : al-Akhdarî compte « les deux tashahhud et leurs séances » parmi les sunnas. Attendre la fin pour s'asseoir supprimerait une station enseignée.

s'assied et dit le salâm de sortie

La séance après la deuxième rak'a n'est pas la dernière : on y dit le tashahhud, puis on se relève pour les rak'as restantes. Le salâm n'arrive qu'après la séance finale.

Question 6 sur 6 Tu viens de terminer la quatrième rak'a. La sortie correcte est…
dire le salâm immédiatement, encore prosterné

La séance finale est un intégral, pas un détour : on se relève de la prosternation, on s'assied, on dit le tashahhud, et alors seulement vient le salâm. L'ordre est lui-même un intégral.

se lever, s'asseoir pour le tashahhud, puis dire le salâm

C'est la séquence du matn : le relèvement est un intégral, la séance qui accompagne le salâm en est un autre, et le salâm ferme l'acte. Chaque station a sa place dans le tartîb.

se lever et quitter la place de prière sans rien dire

Sans salâm, la prière n'est pas close : l'acte reste ouvert comme sans takbîr il ne s'était pas ouvert. Le mot de paix fait partie du squelette, pas d'une politesse.