2.3bLa prière (salat)
L'enchaînement des unités jusqu'au salam
Sommaire
La rak’a est apprise : le takbîr d’entrée, la station de la Fâtiha, l’inclinaison posée, le redressement, les deux prosternations. La prière entière l’assemble deux, trois ou quatre fois, avec deux stations assises en plus : celle du milieu et celle de la fin. Cet assemblage fait l’objet de la leçon : du premier tashahhud au salâm qui ferme l’acte. Si la rak’a n’est pas encore limpide, la leçon précédente la reprend pas à pas.
La deuxième rak’a, puis s’asseoir
La deuxième rak’a répète la première à l’identique : on se relève de la seconde prosternation en disant « Allâhu akbar », la station, la Fâtiha, la sourate. Dernière fois pour la sourate : al-Akhdarî la range parmi les sunnas, et Khalîl la limite aux deux premières rak’as. Puis l’inclinaison, le redressement, les deux prosternations.
Cette fois, au lieu de se relever, on s’assied : la première séance, le julûs awwal, et le premier tashahhud, le témoignage, s’y dit. Al-Akhdarî classe « les deux tashahhud et leurs séances » parmi les sunnas : une station enseignée, que la pratique n’abandonne pas. Le texte qu’on y dit, ’Â’isha, l’épouse du Prophète ﷺ, le rapportait ainsi :
« التَّحِيَّاتُ الطَّيِّبَاتُ، الصَّلَوَاتُ الزَّاكِيَاتُ لِلَّهِ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ، السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ، السَّلَامُ عَلَيْكُمْ » at-taḥiyyâtu ṭ-ṭayyibâtu, ṣ-ṣalawâtu z-zâkiyâtu li-Llâhi, ash-hadu an lâ ilâha illâ Llâhu waḥdahû lâ sharîka lahû, wa-ash-hadu anna Muḥammadan ’abdu Llâhi wa-rasûluhû, as-salâmu ’alayka ayyuhâ n-nabiyyu wa-raḥmatu Llâhi wa-barakâtuhû, as-salâmu ’alaynâ wa-’alâ ’ibâdi Llâhi ṣ-ṣâliḥîna, as-salâmu ‘alaykum « Les salutations, les bonnes ; les prières, les pures, sont à Dieu. J’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu, seul, sans associé ; et j’atteste que Muhammad est le serviteur de Dieu et Son envoyé. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs de Dieu vertueux. Que la paix soit sur vous. » (Muwatta’, n° 56 ; trad. maison)
La formule s’achève par les mots mêmes de la sortie, « que la paix soit sur vous » : le texte du témoignage et le salâm se rejoignent. D’autres rites transmettent d’autres agencements de ces mêmes salutations ; celle-ci est la version que le Muwatta’ conserve.
Les rak’as 3 et 4 : la Fâtiha seule
Du premier tashahhud, on se relève pour la troisième rak’a. Elle se déroule comme les autres, à une lecture près : la sourate n’y paraît plus. La Fâtiha seule est dite, intégrale de chaque rak’a selon l’avis dominant de l’école. Puis l’inclinaison, le redressement, les deux prosternations posées. La quatrième, identique.
Pour une prière de trois rak’as comme le maghrib, le même rythme suffit : première séance après la deuxième rak’a, relèvement pour la troisième, puis la séance finale. Pour une prière de deux rak’as comme le ṣubḥ, plus rien après le premier tashahhud : la séance qu’on tient est déjà la dernière.
La dernière séance
La séance finale porte un autre poids que la première : al-Akhdarî écrit dans les intégraux « le salâm et la séance qui l’accompagne ». S’asseoir avant de saluer fait donc partie du squelette de la prière, au même titre que le takbîr ou la prosternation.
On y dit le dernier tashahhud, la même formule que celle du milieu, en sunna confirmée, de celles qu’on n’abandonne pas. S’y ajoutent, en sunna toujours, la prière sur le Prophète ﷺ et l’invocation libre : « la prière sur le Messager de Dieu ﷺ » figure dans la liste des sunnas du matn. Sa formule complète, celle de la famille d’Ibrâhîm, relève d’une leçon d’approfondissement.
Le salâm : sortir de la prière
Le dernier acte est un mot de paix. Khalîl le fixe sobrement : « السلام عليكم » (as-salâmu ’alaykum), « que la paix soit sur vous » ; la formule de la réponse, « salâmun ’alaykum wa-’alayka s-salâm », y suffit aussi, écrit-il. Ce salâm est un intégral : il ferme la prière comme le takbîr l’avait ouverte. Le fidèle derrière l’imam y ajoute, en sunna, un deuxième puis un troisième salâm, en réponse à l’imam ; l’imam, lui, dit le sien à voix haute.
Après le salâm, la prière est close. Ce que la langue y ajoute, les invocations de la sortie, relève des évocations d’après-prière, les adhkâr : un sujet d’approfondissement, pas de cette leçon.
Le déroulé complet d’une prière de quatre rak’as
| Étape | Contenu | Rang |
|---|---|---|
| Takbîr d’entrée + intention | « Allâhu akbar », les mains levées | intégral |
| Unité 1 | Fâtiha + sourate | intégral + sunna |
| Inclinaison, redressement, 2 prosternations | postures posées | intégraux |
| Unité 2 | Fâtiha + sourate (dernière sourate) | intégral + sunna |
| Séance médiane | premier tashahhud | sunna |
| Unités 3 et 4 | Fâtiha seule, postures posées | intégral |
| Séance finale | dernier tashahhud, prière sur le Prophète ﷺ, invocation | intégral + sunnas |
| Salâm | « السلام عليكم » | intégral |
L’ordre de la colonne n’est pas une mise en page : tartîb, l’ordre entre les intégraux, est lui-même un intégral du matn. On ne s’assied pas pour le dernier tashahhud avant la quatrième prosternation, comme on ne se prosterne pas avant de s’être incliné.
La suite du parcours ouvre un autre niveau de la pratique : les sunnas de la prière et la position des bras, que le cours suivant traite. Le parcours entier sur la page de la formation de fiqh ; le module de la prière sur sa page.
