3.6aLe jeûne (sawm)

L'i'tikaf : la retraite de la mosquée et les derniers jours du mois

Volet 9 sur 10 · Le jeûne (sawm)

Sommaire

À la fin de Ramadan, certaines mosquées changent de rythme : on y dort, on y mange peu, on y prie beaucoup, et des frères s’y installent sans plus rentrer chez eux. Cette habitude a un nom, l’i’tikaf, et des règles précises qu’on devine mal en la regardant de loin. Qu’est-ce que cette retraite, comment la fait-on, et qu’est-ce qui l’annule ?

Une retraite qui ne va pas sans le jeûne

Le Coran pose le mot à sa place : « وَأَنْتُمْ عَاكِفُونَ فِي الْمَسَاجِدِ », wa-antum ’âkifûna fî l-masâjid, « pendant que vous êtes en retraite rituelle dans les mosquées » (2:187, d’après Hamidullah). Le verbe ’akafa veut dire demeurer, s’attacher à une chose sans la quitter : la Risâla le donne tout de suite, « والاعتكاف من نوافل الخير والعكوف الملازمة », l’i’tikaf fait partie des bonnes œuvres surérogatoires, et le ’ukûf, la résidence prolongée.

Ibn ’Arafa, cité par Khirshî, en donne la définition complète de l’école : « لزوم مسجد مباح لقربة قاصرة بصوم معزوم على دوامه يوما وليلة », le séjour en une mosquée ouverte, pour une dévotion retenue, par le jeûne, avec la ferme intention de le poursuivre un jour et une nuit. Chaque mot travaille : la mosquée ouverte exclut la salle de prière de la maison ; la dévotion retenue exclut l’occupation qui déborde ; et le jeûne, surtout, est posé au milieu de la définition.

C’est là que l’école se singularise. La Risâla le dit sans ménagement : « لا اعتكاف إلا بصيام ولا يكون إلا متتابعا ولا يكون إلا في المساجد », pas d’i’tikaf sans jeûne, pas d’i’tikaf sans continuité, pas d’i’tikaf hors des mosquées. Al-Jazîrî, comparant les quatre écoles, le confirme : « زادوا في شروط الاعتكاف الصوم سواء كان الاعتكاف منذوراً أو تطوعاً », les malikites ont ajouté le jeûne aux conditions de l’i’tikaf, qu’il soit voué ou volontaire. La retraite spirituelle sans jeûne existe ailleurs ; dans le madhhab, elle n’entre pas dans cette catégorie.

L’acte lui-même est nafl : « الاعتكاف نافلة », l’i’tikaf est surérogatoire, ouvre le matn. Il ne devient obligatoire que par le vœu : « واجب وهو المنذور، وسنة وهو ما عدا ذلك », l’obligatoire qui est le voué et la sunna qui est le reste, résume al-Jazîrî. Qui dit « je voue un i’tikaf » en fait une dette.

Combien de temps, et dans quelle mosquée

La durée minimale chez les malikites est « يوم وليلة », un jour et une nuit, sur le râjiḥ rapporté par al-Jazîrî ; les chafiites descendent à un instant, les hanafites et hanbalites à un moment indéterminé. La Risâla ajoute la préférence de l’école : « وأقل ما هو أحب إلينا من الاعتكاف عشرة أيام », la plus petite durée d’i’tikaf qui nous est préférable est de dix jours. Le seuil technique est une nuitée ; le seuil aimé est la dizaine.

Le vœu a sa grammaire : « من نذر اعتكاف يوم فأكثر لزمه », qui voue un jour ou plus s’en lie ; « وإن نذر ليلة لزمه يوم وليلة », et qui voue une nuit se trouve lié à un jour et une nuit : la règle suppose que la retraite ne se compte pas par fragments.

Le lieu demande deux qualités : la mosquée, ouverte à tous, « مباحاً لعموم الناس », et le jâmi’, la mosquée du vendredi, pour celui qui doit le vendredi : « الجامع لمن تجب عليه الجمعة », écrit al-Jazîrî. La raison est pratique autant que rituelle : sortir pour le vendredi annule la retraite dans l’avis dominant, « خروجه للجمعة يبطل اعتكافه », précise Khirshî. Qui doit le vendredi s’installe donc où le vendredi se tient. Une issue reste ouverte : « إلا أن ينذر أياما لا تأخذه فيها الجمعة », sauf à vouer des jours où le vendredi ne tombera pas, dit la Risâla ; alors une mosquée ordinaire suffit.

Ce qui l’interrompt, ce qui l’annule

Le principe est simple : « وإلا خرج وبطل », sinon il sort et l’acte est nul, dit le matn : la sortie sans excuse détruit la retraite. Les excuses, elles, sont nommées : « لا يخرج المعتكف من معتكفه إلا لحاجة الإنسان », le mu’takif, celui qui fait la retraite, ne sort de la sienne que pour le besoin de l’être humain, écrit la Risâla : les besoins qui ne se satisfont pas à la mosquée.

Al-Jazîrî détaille le cas de l’homme en état d’impureté majeure : la janâba n’invalide pas l’i’tikaf, mais elle rend le séjour illicite : « فإذا حصل للمعتكف أثناء اعتكافه جنابة بسبب غير مفسد للاعتكاف كالاحتلام ولم يكن بالمسجد ماء وجب عليه الخروج للاغتسال خارج المسجد ثم يرجع عقبه », si elle lui advient par une cause qui ne rompe pas la retraite, comme la pollution nocturne, et qu’il n’y ait pas d’eau à la mosquée, il doit sortir pour se laver dehors, puis revenir aussitôt. S’attarder sans nécessité rompt ; s’attarder pour une nécessité, se couper l’ongle ou la moustache, ne rompt pas.

La maladie ouvre la même porte : « إن مرض خرج إلى بيته فإذا صح بنى على ما تقدم », s’il tombe malade il rentre chez lui ; guéri, il bâtit sur ce qui a passé. Le verbe بَنَى dit tout : la retraite malade n’est pas détruite, elle attend le retour. Et la menstruée : sa sortie est obligatoire, son retour aussi, dès la pureté, de jour comme de nuit. Al-Jazîrî fixe le régime du retour : pour le voué, on refait aussi les jours de l’excuse ; pour le volontaire, on achève les jours qu’on s’était promis.

Les vraies ruptures sont les ruptures du dedans : « من أفطر فيه متعمدا فليبتدىء اعتكافه », qui rompt volontairement son jeûne dans l’i’tikaf recommence son i’tikaf ; et l’acte charnel, « من جامع فيه ليلا أو نهارا ناسيا أو متعمدا », qui le consomme de nuit ou de jour, par oubli ou volontairement, recommence de même. Khalîl ajoute les approches : « وبعدم وطء وقبلة شهوة ولمس ومباشرة », l’absence de coït, de baiser de désir, d’attouchement et de contact. Les trois autres écoles ne comptent ces approches qu’à l’émission ; la ligne malikite les compte d’emblée : la retraite demande le corps retenu, pas seulement le corps absent.

La femme dans la retraite

Le matn met le vœu de l’épouse au même régime que le vœu du serviteur : « وَإِنْ أَذِنَ لِعَبْدٍ أَوْ امْرَأَةٍ فِي نَذْرٍ : فلا منع », si l’on autorise l’esclave ou l’épouse pour un vœu, rien ne s’y oppose. La permission est donc la clé du vœu ; al-Jazîrî le dit avec les mots du cas : « لا يجوز للمرأة أن تنذر الاعتكاف أو تتطوع به بدون إذن زوجها إذا علمت أو ظنت أنه يحتاج لها للوطء », il n’est pas permis à l’épouse de vouer l’i’tikaf ni de s’y adonner sans la permission de son mari, si elle sait ou suppose qu’il a besoin d’elle pour le rapport. Si elle le fait sans permission, l’acte est valide, mais le mari peut la rompre par le rapport ; et s’il la rompt, elle en doit le rattrapage, car le tort vient d’elle.

Ce n’est pas une restriction de la retraite aux hommes : c’est un équilibre de deux droits. Quand le mari n’a pas ce besoin d’elle, elle voue librement ; quand il l’a, elle demande d’abord. Et la menstruée a la règle la plus concrète de toutes : elle sort obligatoirement de la mosquée, « حرمة الاعتكاف عليهما في المرض وعلى الحائض في الحيض », l’i’tikaf est interdit au malade dans sa maladie comme à la menstruée dans ses menstrues, puis elle revient « فإذا طهرت الحائض أو أفاق المريض في ليل أو نهار رجعا ساعتئذ إلى المسجد », purifiée ou rétablie, de nuit ou de jour, ils reviennent aussitôt à la mosquée.

Makrûh, permis : ce que la retraite garde

La retenue se joue aussi dans le menu : « وكره أكله خارج المسجد », manger dehors est déconseillé ; « ودخوله منزله وإن لغائط », rentrer chez soi, même pour le besoin ; « واشتغاله بعلم وكتابته وإن مصحفا إن كثر », s’occuper d’enseignement et d’écriture, même d’un muṣḥaf, quand c’est beaucoup ; et « فعل غير ذكر وصلاة وتلاوة : كعيادة وجنازة », faire autre chose que le rappel, la prière et la récitation, comme la visite au malade et la funéraille. La Risâla ajoute le commerce : « ولا يخرج لتجارة », il ne sort pas pour négoce.

Ce qui reste permis est plus large qu’on ne croit : « وجاز إقراء قرآن وسلامه على من بقربه وتطيبه », il peut enseigner le Coran, saluer son voisin, se parfumer ; « وأن ينكح وينكح بمجلسه », se marier et faire marier dans son assemblée ; et de se couper un ongle ou la moustache s’il sort, pour un lavage de vendredi par exemple, ou d’attendre la lessive et le séchage de son habit. Il peut même être l’imam du lieu, « ولا بأس أن يكون إمام المسجد », dit la Risâla : la retraite n’est pas une prison, elle est une retenue.

Les derniers jours, la nuit, la fête

Le calendrier de la fin est le matn lui-même : « واعتكاف عشرة وبآخر المسجد وبرمضان وبالعشر الأخير لليلة القدر الغالبة به », l’i’tikaf de dix jours, au fond de la mosquée, en Ramadan, dans les dix derniers pour la nuit du Destin qui y tombe probablement. Le Prophète ﷺ l’a donné en exemple :

« كان يعتكف العشر الأواخر من رمضان حتى توفاه الله ثم اعتكف أزواجه من بعده » kâna ya’takifu l-’ashara l-awâkhira min ramaḍâna ḥattâ tawaffâhu Llâhu, thumma-’takafa azwâjuhu min ba’dih « Il tenait l’i’tikaf les dix derniers de Ramadan jusqu’à ce qu’Allah le reprenne, puis ses épouses en firent après lui. » (al-Bukhârî, n° 2026)

Sur cette nuit, le matn note une divergence ancienne : « وفي كونها بالعام أو برمضان خلاف », qu’elle soit chaque année ou seulement en Ramadan, il y a divergence ; l’opinion dominante la place dans les dix derniers de Ramadan. Ce que cette nuit contient et la grâce qu’elle verse, l’article La nuit du destin les dit à part ; ici, c’est la règle qui entoure la retraite qui la guette.

L’entrée se fait avant la fin : « وليدخل معتكفه قبل غروب الشمس من الليلة التي يريد أن يبتدىء فيها اعتكافه », il entre dans sa retraite avant le coucher du soleil de la nuit où il veut commencer : la nuit précède le jour dans le compte musulman. Et la sortie, si la retraite touche la fête, a sa liturgie propre : « وإن اعتكف بما يتصل فيه اعتكافه بيوم الفطر فليبت ليلة الفطر في المسجد حتى يغدو منه إلى المصلى », si l’i’tikaf rejoint le jour de la fête, qu’il passe la nuit de la fête à la mosquée jusqu’à ce qu’il en parte le matin pour le muṣallâ, le lieu de la prière de l’Aïd. La retraite finit en procession : on sort de la mosquée pour marcher vers la prière qui rassemble le quartier entier.

Reste une dette qui ne se paye pas à la mosquée : la zakât al-fiṭr, due avant la prière de la fête, relève d’un chapitre propre : le cours 4.5 de la série le traitera. Le mois se clôt par trois gestes : la retraite qui veille les dernières nuits, l’aumône qui sort avant la prière, la procession qui porte tous vers le muṣallâ. L’i’tikaf enseigne le premier ; le reste appartient aux leçons qui viennent.

Retour au parcours du cours de fiqh et aux autres leçons du jeûne : 3.5 « Les jeûnes recommandés » a planté le calendrier que cette retraite habite.

Vérifiez votre compréhension

Question 1 sur 7 Ton voisin veut s'installer à la mosquée trois jours à la fin de Ramadan pour prier et lire le Coran, sans jeûner : les journées sont trop chaudes chez lui. En école malikite…
son séjour n'est pas un i'tikaf : le jeûne en est une condition

C'est la particularité de l'école : « لا اعتكاف إلا بصيام », pas d'i'tikaf sans jeûne, pose la Risâla, et al-Jazîrî consigne le jeûne parmi les conditions que les malikites ajoutent, pour l'i'tikaf voué comme pour le volontaire. Sans jeûne, le séjour reste une bonne retraite, mais pas l'acte enseigné ici.

c'est un i'tikaf valide : la résidence à la mosquée suffit

La résidence seule définit l'acte chez d'autres écoles, pas chez les malikites : Ibn 'Arafa l'écrit dans la définition même, « لزوم مسجد مباح لقربة قاصرة بصوم », séjour en mosquée ouverte pour une dévotion retenue, par le jeûne. Sans صوم, l'acte n'entre pas dans la catégorie.

c'est un i'tikaf seulement s'il vise les dix derniers jours

Le calendrier ne change pas la nature : les dix derniers rendent l'i'tikaf plus désirable, mais ils n'en dispensent aucune condition. Le jeûne manquant reste manquant, que le séjour tombe en Ramadan ou hors Ramadan.

Question 2 sur 7 Le Prophète ﷺ a tenu l'i'tikaf jusqu'à sa mort. Ce que le hadith rapporte exactement…
il le faisait tout le mois de Ramadan, chaque année

Le hadith est plus précis : « كان يعتكف العشر الأواخر من رمضان », il tenait l'i'tikaf les dix derniers de Ramadan, pas le mois entier. La durée du mois entier serait une pratique louable, mais ce n'est pas ce que la transmission rapporte.

il le faisait les dix derniers jours de Ramadan, et ses épouses l'ont fait après lui

Verbatim de 'â'icha dans al-Bukhârî n° 2026 : « كان يعتكف العشر الأواخر من رمضان حتى توفاه الله ثم اعتكف أزواجه من بعده », il tenait l'i'tikaf les dix derniers de Ramadan jusqu'à ce qu'Allah le reprenne, puis ses épouses en firent après lui. La pratique a survécu à l'homme qui l'a posée.

il le faisait à Médine en quittant la ville entièrement

L'i'tikaf ne quitte pas la ville, il quitte la maison : sa condition est la mosquée, et chez les malikites le jâmi' de la ville pour qui doit le vendredi. L'éloignement visé est celui du domicile vers la mosquée, pas vers un autre lieu.

Question 3 sur 7 Un homme doit le vendredi. Il veut faire l'i'tikaf dans la petite mosquée de son quartier, où le vendredi ne se célèbre pas. En école malikite…
toute mosquée convient : le lieu compte peu tant qu'il prie

Le lieu compte doublement : mosquée ouverte à tous, et jâmi' pour qui doit le vendredi, « الجامع لمن تجب عليه الجمعة », écrit al-Jazîrî. La petite mosquée du quartier ne satisfait pas la seconde clause pour cet homme-là.

il peut y faire l'i'tikaf et sortir le vendredi pour prier au jâmi'

Sortir pour le vendredi annule l'i'tikaf dans l'avis dominant : « خروجه للجمعة يبطل اعتكافه », sa sortie pour le vendredi rend son i'tikaf nul, lit-on chez Khirshî sur le mashhûr. La solution n'est pas la sortie, c'est le choix du lieu dès le départ.

il doit s'installer dans le jâmi' de sa ville, qui célèbre le vendredi

C'est la règle : qui doit le vendredi fait sa retraite dans la mosquée qui le célèbre, « مما تصح فيه الجمعة », où le vendredi est valide, dit le matn. Une exception existe : qui voue des jours sans vendredi parmi eux peut choisir une autre mosquée, dit la Risâla.

Question 4 sur 7 Un mu'takif tombe malade au sixième jour et rentre chez lui. Guéri le dixième, il revient. En école malikite, son i'tikaf…
est nul : toute sortie l'annule, excuse ou pas

Toutes les sorties ne sont pas égales : la sortie sans excuse annule, mais la maladie est une excuse reconnue, « إن مرض خرج إلى بيته », s'il tombe malade il rentre chez lui, écrit la Risâla. L'excuse suspend ; elle n'annule pas.

continue : la maladie a suspendu le temps, il achève les jours restants

La reprise n'est pas une simple suspension du décompte : la Risâla dit « فإذا صح بنى على ما تقدم », guéri, il bâtit sur ce qui s'est passé avant. Il reprend son i'tikaf en continuité avec le début, pas en sautant des jours ni en recommençant à zéro.

reprend où il en était, et refait en plus les jours de l'excuse s'il l'avait voué

La Risâla enseigne le « بنى », bâtir sur le précédent ; al-Jazîrî précise le régime : pour l'i'tikaf voué, on refait aussi les jours perdus par l'excuse ; pour le volontaire, on achève les jours qu'on s'était fixés. La maladie interrompt la présence, pas l'engagement.

Question 5 sur 7 Pendant son i'tikaf, un homme mange délibérément en pleine journée, sans excuse. En école malikite…
il refait le jour de jeûne et son i'tikaf continue sans se rompre

Le jeûne est l'âme de l'i'tikaf : rompu délibérément, il emporte la retraite avec lui. La Risâla est nette : « من أفطر فيه متعمدا فليبتدىء اعتكافه », qui rompt volontairement dans son i'tikaf recommence son i'tikaf.

son i'tikaf est rompu : il doit le recommencer

« فليبتدىء اعتكافه », qu'il recommence son i'tikaf : la rupture délibérée du jeûne, qui est condition de la retraite, détruit la retraite elle-même. On ne « refait » pas le jour au milieu : on reprend l'acte au début.

il paie une fidya comme pour un jour de Ramadan manqué

La fidya ne concerne que celui qui ne pourra jamais jeûner, vieillard ou malade sans guérison (leçon 3.4b). Le jeûne de l'i'tikaf se reprend par l'acte, pas par la nourriture offerte : la sanction ici est le recommencement, pas la compensation.

Question 6 sur 7 Sur les rapports charnels pendant l'i'tikaf, la ligne malikite est…
l'acte complet annule ; les approches du désir aussi (baiser, attouchement, contact)

Khalîl range dans ce qui rend l'i'tikaf nul : « بعدم وطء وقبلة شهوة ولمس ومباشرة », l'absence de coït, de baiser de désir, d'attouchement et de contact. Les trois autres écoles ne comptent la rupture qu'à l'émission ; la ligne malikite est plus large, leçon à retenir pour qui vit sa retraite en couple.

seul l'acte complet de nuit annule ; de jour, c'est déjà le jeûne qui casse

La Risâla compte l'acte « ليلا أو نهارا ناسيا أو متعمدا », de nuit comme de jour, par oubli comme par choix, comme raison de recommencer : « فليبتدىء اعتكافه ». L'i'tikaf garde sa propre exigence par-dessus le jeûne.

rien de tout cela n'annule : seule la sortie sans excuse casse l'i'tikaf

La sortie n'est pas le seul casseur : le matn exige l'absence de coït et de ses approches parmi les conditions de validité, et la Risâla fait recommencer pour l'acte charnel comme pour la rupture délibérée du jeûne. L'acte détruit l'intérieur de la retraite autant que la sortie la détruit par l'extérieur.

Question 7 sur 7 Dans la pratique de fin de mois, la Risâla ajoute une consigne qui ferme le mois : celui dont l'i'tikaf rejoint le jour de la fête…
rentre chez lui le soir de la dernière nuit, son i'tikaf fini au coucher du soleil

La Risâla ajoute une nuit : « وإن اعتكف بما يتصل فيه اعتكافه بيوم الفطر فليبت ليلة الفطر في المسجد », si l'i'tikaf rejoint le jour de la fête, qu'il passe la nuit de la fête à la mosquée. La fin n'est pas au coucher mais au matin suivant, et elle a une destination précise.

passe la nuit de la fête à la mosquée, puis en part le matin pour le lieu de la prière de l'Aïd

Verbatim : « فليبت ليلة الفطر في المسجد حتى يغدو منه إلى المصلى », qu'il passe la nuit de la fête dans la mosquée jusqu'à ce qu'il en parte le matin pour le muṣallâ, le lieu où se célèbre la prière de l'Aïd. La retraite se termine en procession vers la prière collective : le mois s'achève en communauté, pas en solitude.

reste à la mosquée toute la journée de la fête pour y prier seul

La journée de la fête n'appartient plus à la retraite : la prière de l'Aïd se fait au muṣallâ, et le mu'takif y va avec les gens. L'i'tikaf le conduit jusqu'au seuil de la fête, puis la fête le reprend.