4.1La zakat

La zakat : pilier et sagesse sociale

Volet 1 sur 8 · La zakat

Sommaire

Tout le monde connaît le mot ; peu savent ce qu’il demande vraiment. La zakat n’est pas l’aumône qu’on fait quand le cœur s’émeut : c’est une part du bien, fixée par la Révélation, due à des catégories de personnes nommées par le Coran. Cette leçon pose l’édifice avant les chiffres : ce qu’elle est, où elle se place parmi les piliers, ce que son nom enseigne, sur quoi elle pèse et à quel moment. Le calcul en euros fait le cours suivant.

Un droit dans le bien, pas une aumône

Le Coran décrit les croyants véridiques ainsi :

« وَالَّذِينَ فِي أَمْوَالِهِمْ حَقٌّ مَّعْلُومٌ * لِلسَّائِلِ وَالْمَحْرُومِ » wa-lladhîna fî amwâlihim ḥaqqun ma’lûmun, li s-sâ’ili wa l-maḥrûm « Et sur les biens desquels il y a un droit bien déterminé [la Zakât] pour le mendiant et le déshérité. » (Coran 70:24-25, traduction du sens de Muhammad Hamidullah)

Un droit, ḥaqq, déterminé, ma’lûm : deux mots qui changent le regard. Le pauvre a un droit dans le bien du riche ; ce droit a une mesure, fixée d’avance ; la verser n’est pas une grâce qu’on fait, c’est une dette qu’on s’acquitte. Quand le Coran emploie « les aumônes » au pluriel, « إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ… » (innamâ ṣ-ṣadaqâtu li-l-fuqarâ’i wa-l-masâkîn), « les sadaqats ne sont destinées que pour les pauvres, les indigents… » (9:60, trad. Hamidullah), il parle de la zakat légale, celle qui a des catégories et un taux.

Le vocabulaire, que la rue mélange : la ṣadaqa couvre tout don fait par piété ; la zakat en est la part obligatoire et mesurée. Toute zakat est une sadaqa ; toute sadaqa n’est pas la zakat. Les juristes précisent sa forme : « verser une part du bien à celui qui y a droit, quand le bien atteint le seuil » (Ibn ’Arafa, cité par Khirshî). Un transfert, pas une attention.

Le troisième pilier, jamais loin de la prière

Le Prophète ﷺ l’a placée dans le socle :

« بُنِيَ الْإِسْلَامُ عَلَى خَمْسٍ : شَهَادَةِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، وَإِقَامِ الصَّلَاةِ، وَإِيتَاءِ الزَّكَاةِ، وَالْحَجِّ، وَصَوْمِ رَمَضَانَ » buniya l-islâmu ’alâ khams : shahâdati an lâ ilâha illâ Llâhu wa-anna muḥammadan rasûlu Llâh, wa-iqâmi ṣ-ṣalâh, wa-îtâ’i z-zakâh, wa-l-ḥajj, wa-ṣawmi ramaḍân « L’islam est bâti sur cinq : le témoignage qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Muhammad est le messager d’Allah, l’accomplissement de la prière, le versement de la zakat, le pèlerinage et le jeûne de Ramadan. » (al-Bukhârî, n° 8)

Troisième dans l’énumération, juste après la prière. Khirshî, qui ouvre le chapitre de la zakat de son commentaire au Mukhtaṣar, le remarque : Khalîl passe de la prière à la zakat « sans les séparer par une cloison, parce que dans le Livre de Dieu, elles n’apparaissent que l’une avec l’autre ». Le verset le plus simple en témoigne :

« وَأَقِيمُوا الصَّلَاةَ وَآتُوا الزَّكَاةَ » wa-aqîmû ṣ-ṣalâta wa-âtû z-zakâh « Accomplissez la Salât et acquittez la Zakât. » (Coran 2:43, trad. Hamidullah)

Al-Jazîrî ajoute deux faits qui donnent l’échelle : la zakat fut imposée l’an deux de l’hégire, et son obligation est « connue de la religion par nécessité » ; nul n’a besoin d’un savant pour le savoir. La prière est le droit de Dieu sur le corps du croyant ; la zakat, son droit sur son bien. La distinction des deux familles d’actes a été posée en 0.6 « Ibadat et mu’amalat » ; la zakat tient les deux à la fois.

Le nom dit la sagesse

« Zakat » n’est pas un nom administratif. En langue, relève Khirshî, la racine porte la croissance : « زَكَا الزَّرْعُ إِذَا نَمَا وَطَابَ وَحَسُنَ », on dit d’un champ qu’il a « zakâ » quand il a poussé, qu’il est devenu bon et beau. Al-Jazîrî donne la paire complète : « هِيَ لُغَةً التَّطْهِيرُ وَالنَّمَاءُ », purification et croissance.

Pourquoi nommer « croissance » ce qui prend ? Khirshî répond : le bien diminue en apparence, et croît auprès de Dieu, « لِنُمُوِّهِ فِي نَفْسِهِ عِنْدَ اللَّهِ ». Le verset le joint à la purification :

« خُذْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا » khudh min amwâlihim ṣadaqatan tuṭahhiruhum wa-tuzakkîhim bihâ « Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis. » (Coran 9:103, trad. Hamidullah)

Le bien donné purifie celui qui donne, et le fait croître : le fiqh mesure des parts ; le nom de l’acte garde la sagesse en vue.

« Prise sur leurs riches, rendue à leurs pauvres »

Le circuit social n’a pas attendu les commentateurs : il est dans les instructions mêmes du Prophète ﷺ. Quand il envoya Mu’âdh ibn Jabal au Yémen, il lui dicta la suite des enseignements ; Bukhârî rapporte la scène sous le chapitre « de l’obligation de la zakat » :

« فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّ اللهَ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ صَدَقَةً فِي أَمْوَالِهِمْ، تُؤْخَذُ مِنْ أَغْنِيَائِهِمْ وَتُرَدُّ عَلَى فُقَرَائِهِمْ » fa-a’limhum anna Llâha ftaraḍa ’alayhim ṣadaqatan fî amwâlihim, tu’khadhu min aghniyâ’ihim wa-turaddu ’alâ fuqarâ’ihim « Alors fais-leur savoir qu’Allah leur a prescrit une aumône dans leurs biens, prélevée sur leurs riches et rendue à leurs pauvres. » (al-Bukhârî, n° 1395)

Le sens social de la zakat tient en deux verbes : tu’khadhu, elle est prise, du côté de ceux qui ont ; turaddu, elle est rendue, du côté de ceux qui manquent. Le hadith dit le mouvement ; la liste des huit parts relève du cours 4.4.

Sur quels biens, et sur quels biens pas

Sur quoi porte la zakat ? Khirshî énumère ce qu’elle « touche » dans l’école : « ستة : المَاشِيَةُ وَالْحَرْثُ وَالنَّقْدَانِ وَالتِّجَارَةُ وَالْمَعَادِنُ وَالْفِطْرُ », six catégories : le troupeau au pâturage, la récolte, les deux métaux numéraires (l’or et l’argent, c’est-à-dire aujourd’hui l’épargne et l’argent en compte), les marchandises de commerce, les minerais, et la zakat de la rupture du jeûne, al-fiṭr.

Le négatif éclaire le positif. La Risâla d’Ibn Abî Zayd ouvre le chapitre du « وزكاة العين والحرث والماشية فريضة », « la zakat des numéraires, de la récolte et du troupeau est une obligation », et exclut d’emblée les biens d’usage : « ولا زكاة على أحد في عبده وخادمه وفرسه وداره ولا ما يتخذ للقنية », pas de zakat sur la maison habitée, la monture, le serviteur, ni ce qui est gardé pour l’usage personnel. Ce n’est pas la valeur qui fait la zakat : c’est la nature du bien. La maison où tu dors et la voiture qui te porte n’entrent pas dans le calcul ; l’épargne qui dort en compte, si.

Le seuil et l’année

Le seuil, le nisab, est la mesure en deçà de laquelle rien n’est dû ; le Prophète ﷺ l’a posé dans un hadith où le seuil sonne trois fois sur le chiffre cinq :

« لَيْسَ فِيمَا دُونَ خَمْسِ أَوَاقٍ صَدَقَةٌ، وَلَيْسَ فِيمَا دُونَ خَمْسِ ذَوْدٍ صَدَقَةٌ، وَلَيْسَ فِيمَا دُونَ خَمْسِ أَوْسُقٍ صَدَقَةٌ » laysa fîmâ dûna khamsi awâqin ṣadaqah, wa-laysa fîmâ dûna khamsi dhawdin ṣadaqah, wa-laysa fîmâ dûna khamsi awsuqin ṣadaqah « Pas de sadaqa en dessous de cinq awâq, ni en dessous de cinq chameaux, ni en dessous de cinq awsuq. » (al-Bukhârî, n° 1405)

Cinq awâq : la ûqiyya est l’unité de poids de l’argent, et la Risâla la convertit : cinq awâq font deux cents dirhams ; pour l’or, le seuil est de vingt dinars. Le matn de Khalîl, le texte de référence du Mukhtaṣar, fixe la part due, « رُبُعُ الْعُشْرِ », le quart du dixième : deux et demi pour cent.

Et le temps ? Elle attend l’année : « تَجِبُ… بِمِلْكٍ وَحَوْلٍ كَمُلَا », elle est due quand la propriété est complète et le hawl complet, une année lunaire passée sur le bien au seuil requis ; al-’Adawî, qui annote le commentaire de Khirshî, ajoute : « اتفقوا على أن الحول شرط », l’année est une condition admise par tous. La Risâla donne le rythme : « العين والماشية ففي كل حول مرة », les numéraires et le troupeau se zakâtent une fois par année, et la récolte au jour de sa moisson. Le cours 4.2 traduira ces mesures en euros et en dates précises.

Le bien du petit porte la zakat

Une règle courte, qui dit aussi la sagesse : chez les malikites et deux autres écoles, la zakat pèse sur le bien, pas seulement sur la personne. La Risâla le pose : « وعلى الأصاغر الزكاة في أموالهم », les petits doivent la zakat sur leurs biens ; al-Jazîrî confirme que trois imams chargent le tuteur de la sortir, les hanafites ne la demandant pas. L’orphelin dont l’héritage dort en compte participe donc au circuit des pauvres : le droit du pauvre court sur le bien lui-même, pas sur l’âge de son propriétaire.

Ce que cette leçon a posé

La zakat est un droit déterminé dans le bien, troisième pilier dans l’ordre du hadith, unie à la prière dans le Livre. Son nom dit croissance et purification ; son circuit, « prise sur les riches, rendue aux pauvres », est écrit dans les instructions du Prophète ﷺ lui-même. Elle porte sur six catégories de biens, jamais sur ceux qu’on use ; elle n’est due qu’au seuil du nisab, une année lunaire écoulée.

Les questions qui suivent naturellement ont chacune leur leçon : combien exactement en euros, pour ton compte et ta retraite, c’est le cours 4.2 qui calcule ; à qui la verser et comment vérifier un organisme en Europe, le cours 4.4 ; et la zakat de la rupture du jeûne, le cours 4.5. Le parcours complet est sur la page du cours, les autres leçons du module sur le hub de la zakat.

Vérifiez votre compréhension

Question 1 sur 7 Une amie te dit : « la zakat, c'est l'aumône que chacun donne quand il peut ». Dans l'école malikite, cette phrase…
est juste : la zakat reste un geste libre, au montant libre

Le Coran parle d'un « حَقٌّ مَّعْلُومٌ » (*ḥaqqun ma'lûm*), un droit bien déterminé dans les biens (70:24). Une part fixée, due quand les conditions sont réunies : ce n'est pas le même registre que le don libre, qui existe aussi sous un autre nom, la sadaqa volontaire.

est fausse : c'est un droit déterminé dans le bien, dû quand le seuil et l'année sont réunis

La définition des juristes le dit : verser une part du bien à celui qui y a droit, quand le bien atteint le nisab. L'intention et le choix du bénéficiaire restent ; le principe, le seuil et la part sont fixés.

n'est vraie que pour les petits revenus

Le seuil joue dans l'autre sens : la zakat s'adresse à qui atteint le nisab, donc d'abord à qui possède. En dessous, aucune part n'est due ; au-dessus, elle est due quel que soit le niveau de richesse.

Question 2 sur 7 Ton voisin donne chaque semaine de quoi manger à un foyer et te dit : « voilà ma zakat ». Sa générosité est réelle, mais juridiquement ces dons…
sont sa zakat : l'habitude suffit à faire l'obligation

L'habitude ne fait pas la zakat : elle veut un bien qui atteint le nisab, une année lunaire écoulée dessus, une intention au moment de verser et un bénéficiaire parmi les huit catégories du verset (9:60). Ses dons restent de la sadaqa volontaire, précieuse mais distincte.

sont de la sadaqa surérogatoire, pas la zakat légale

La sadaqa couvre tout don fait par piété ; la zakat est la part codifiée qui en fait partie. Le Coran dit « إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ » (*innamâ ṣ-ṣadaqâtu*), « les sadaqats ne sont destinées que pour… » (9:60), et nomme ensuite huit parts : ce verset parle de la zakat, celle qui a des catégories.

ne comptent pas, il faut donner uniquement à une mosquée

Ni l'habitude ni le lieu ne font la zakat : le bénéficiaire importe (les catégories de 9:60), pas le canal. Le filtrage des organismes et des façons de verser est le sujet du cours 4.4.

Question 3 sur 7 Dans le hadith des cinq piliers (al-Bukhârî, n° 8), la zakat arrive…
en troisième position, entre la prière et le pèlerinage

« بُنِيَ الْإِسْلَامُ عَلَى خَمْسٍ… وَإِيتَاءِ الزَّكَاةِ » (*buniya l-islâmu 'alâ khams… wa-îtâ'i z-zakâh*) : shahâda, prière, zakat, hajj, jeûne de Ramadan. Khirshî relève qu'elle suit la prière sans séparation dans le Livre : « لم يقعا في كتاب الله إلا هكذا », ils n'y apparaissent que l'un avec l'autre.

en cinquième position, après le jeûne de Ramadan

L'ordre du hadith place le jeûne en dernier. Dans la citation de Bukhârî : shahâda, prière, zakat, hajj, puis jeûne de Ramadan. Et dans le Coran, la zakat accompagne la prière verset après verset, comme en 2:43.

à égalité avec toutes les autres, sans ordre

Le hadith les énumère et Khirshî souligne le rang : après la prière, « أعظم أركان الإسلام بعد الإيمان », la zakat vient juste après en importance. L'énumération n'est pas un simple inventaire.

Question 4 sur 7 Le nom même de la zakat (زَكَاة) porte, selon les commentateurs, l'idée de…
partage, parce que le bien est divisé entre les héritiers

La racine ne dit pas la division : زَكَا الزَّرْعُ, « le champ a zakâ », veut dire « il a poussé, il est devenu bon ». C'est la croissance et la pureté que le nom porte, pas le partage successoral.

soumission, parce que celui qui paie s'incline devant l'État

Aucun lien avec l'obéissance ni avec l'État dans l'étymologie : les commentateurs lisent نُمُوّ (*numûw*, croissance) et طَهَارَة (*ṭahâra*, pureté). Le mot décrit ce qui arrive au bien et à l'âme, pas un rapport politique.

croissance et purification : le bien diminue en apparence et croît auprès de Dieu

Khirshî : la zakat a été nommée ainsi « لِنُمُوِّهِ فِي نَفْسِهِ عِنْدَ اللَّهِ », parce qu'elle croît auprès de Dieu bien qu'elle diminue le bien en apparence. Et le Coran lie le geste à la purification : « صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا » (*ṣadaqatan tuṭahhiruhum wa-tuzakkîhim bihâ*), « par laquelle tu les purifies et les bénis » (9:103).

Question 5 sur 7 Tu gardes depuis des années un compte épargne au-dessus du seuil, une maison où tu habites et une voiture. Selon l'école malikite, la zakat porte sur…
l'épargne monétaire seule : la maison et la voiture sont des biens d'usage

La Risâla l'exclut d'emblée : « ولا زكاة على أحد في عبده وخادمه وفرسه وداره ولا ما يتخذ للقنية », pas de zakat sur la maison, la monture ni ce qui est gardé pour l'usage. Seuls les biens des six catégories comptent ; le détail du calcul vient au cours 4.2.

les trois : tout ce qui vaut quelque chose est zakatable

Les juristes distinguent le bien qui fructifie ou circule du bien dont on use : la maison habitée et la voiture ne portent pas de zakat chez les malikites, même quand elles valent cher. Ce qui est zakatable appartient aux catégories nommées (numéraires, marchandises, récoltes, troupeaux…).

l'épargne et la voiture, mais pas la maison

La voiture n'est pas un bien de commerce ni un numéraire : elle sert, comme la maison. Le critère n'est pas la valeur mais la catégorie du bien dans la liste des juristes.

Question 6 sur 7 Le premier du mois, ton frère reçoit un héritage qui porte son épargne au-dessus du nisab. Sa première zakat devient due…
immédiatement, dès que le seuil est franchi

Le seuil seul ne suffit pas : il faut encore que le bien ait passé une année lunaire entière entre les mains du propriétaire. Le matn demande « بِمِلْكٍ وَحَوْلٍ كَمُلَا », propriété complète et hawl complet, et al-'Adawî note : « اتفقوا على أن الحول شرط », l'année est une condition admise par tous.

au premier Ramadan qui suit

Ramadan n'est pas le compteur : beaucoup paient en Ramadan par dévotion, mais la condition légale est l'année lunaire sur le nisab, où qu'elle tombe dans le calendrier.

quand l'année lunaire s'achève sur ce bien au seuil requis

La Risâla : « العين والماشية ففي كل حول مرة », les numéraires et le troupeau se zakâtent une fois par hawl. Le décompte part de l'acquisition du nisab ; les cas de l'argent qui grandit ou diminue en cours d'année relèvent du cours 4.2.

Question 7 sur 7 Une mère t'explique que son fils de huit ans a un compte bien rempli. En école malikite…
la zakat de ce bien est due, et le tuteur la sort de son argent

La Risâla : « وعلى الأصاغر الزكاة في أموالهم », les petits doivent la zakat sur leurs biens, numéraires, récolte et troupeau comme ailleurs ; al-Jazîrî confirme que trois imams chargent le tuteur de la verser. Les hanafites ne la demandent pas sur le bien du mineur : la règle montre que la zakat pèse sur le bien, pas seulement sur la personne.

rien n'est dû : la zakat attend la majorité religieuse

C'est la position hanafite : chez eux, pas de zakat sur le bien du petit ni du fou. La Risâla et la majorité des imams disent l'inverse : le bien du mineur porte la zakat, versée par son tuteur.

la zakat devient due mais l'enfant doit la payer lui-même à sa majorité

L'école ne reporte pas la charge à la majorité : la zakat est due dès que le bien remplit les conditions, et c'est le tuteur qui la verse au fur et à mesure des années.