Sâlik

Le cheminant : celui qui parcourt activement la voie, par opposition au majdhûb, le ravi que Dieu attire sans effort.

Sâlik vient du verbe salaka, emprunter une voie : le sâlik est le cheminant, celui qui avance pas à pas sur la tariqa, par l’effort, la discipline et la pratique régulière. Le terme décrit la condition ordinaire du murid : il traverse les stations les unes après les autres, état après maqâm.

Al-Qushayrî et les auteurs de manuels opposent le sâlik au majdhub : ce dernier est « attiré » (jadhaba, tirer vers soi) vers Dieu par une faveur qui dispense du cheminement méthodique. La distinction n’est pas une hiérarchie de mérite : le majdhub ne choisit pas son état, et la voie est faite pour les sâliks, c’est-à-dire pour tous ceux qui viennent à Dieu par la porte de l’effort.

La nuance a une portée pastorale : la tariqa ordinaire, celle des séances, du pacte et de l’éducation progressive, est une voie de sâliks. Le ravissement sans Loi ni chemin n’est ni un but ni une promotion, et les maîtres enseignent de ne pas le rechercher.