Le 6e centenaire de la mort du célèbre sociologue Abderrahmane Ibn Khaldoun est l’occasion de se souvenir de l’œuvre de ce grand savant originaire de Tunisie. Au programme des commémorations qui s’étalent sur toute l’année 2006 : des manifestations culturelles et scientifiques, des expositions archéologiques, documentaires et patrimoniales itinérantes, des conférences traitant de la contribution de ce philosophe au développement des recherches scientifiques et sociologiques, d’autres manifestations en Europe (Unesco et Espagne) dont une exposition à Séville sous le thème : « Ibn Khaldoun et la Méditerranée au XIVe siècle », du 11 mai au 30 septembre 2006.
Certains penseurs se distinguent par leurs connaissances encyclopédiques, car ils sont, en même temps, sociologues, historiens, sociolinguistes, ethnologues, anthropologues, chroniqueurs, philosophes, médecins, juristes... C’était le cas de Ibn Khaldoun qui a également assumé des fonctions politique et juridique. Dans son œuvre, il a aussi démontré la légitimité de la voie du tassawuf (soufisme) au sein de l’islam, en expliquant le rôle central du guide spirituel pour ceux qui aspirent à aller plus loin dans la quête spirituelle.
L’hommage posthume à ce précurseur et à ce grand voyageur vient à point nommé pour réaffirmer que les échanges entre les cultures sont des remparts contre l’extrémisme, la xénophobie et l’égocentrisme. Les cultures progressent et grandissent au profit de l’humanité tout entière, et c’est aussi par le partage du savoir que les découvertes scientifiques se multiplient et les connaissances, tant expérimentales que livresques, se développent. La véritable culture arabo-musulmane n’a jamais rejeté l’apport des autres civilisations et le Prophète Muhammad lui-même incitait à « chercher la science jusqu’en Chine ». De même, les œuvres d’Avicenne et d’Al-Razi ont largement contribué à l’enrichissement des cursus et pratiques médicaux en Occident.