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Histoire d’une voie à travers ses maîtres (6/8)
Sidi Abû Madyan, ou la revivification de la voie
par Christophe Vic et Jean-Louis Girotto



En tant que membre de la famille Qâdiri issue de la région de l’Oriental marocain, Sidi Abû Madyan (1873-1957) suivit dès son plus jeune âge l’enseignement de la tariqa Qâdiriya Boudchichiya. Animé d’une profonde soif d’absolu, il pratiquait avec ferveur les invocations que lui avait confiées Hajj Mokhtar (1853-1914) – le fils ainé de Sidi Muhyiddîn, frère de son père Sidi Mnawar – responsable de la voie et résistant notoire s’étant opposé aux troupes du maréchal Lyautey. Cette pratique assidue parvint à le satisfaire quelques années, jusqu’au jour où il prit conscience de ce qu’impliquait la perte du secret divin – sirr – pour une voie spirituelle. En effet, la confrérie Qâdiriya Boudchichiya était depuis plusieurs décennies une voie dite du tabarruk, c’est-à-dire ne disposant pas des clés pour permettre à ses disciples d’accéder à une réalisation intérieure complète. Sidi Abû Madyan avait l’habitude de rendre parfois visite aux disciples d’une autre voie soufie, la Darqawiya Hebriya, et il était particulièrement touché par la profondeur spirituelle qui circulait entre eux. Un feu se mit alors à brûler en lui, renforçant la certitude qu’il existait un degré d’élévation spirituelle permettant d’accéder à la Réalité divine dont ses ancêtres avaient été dépositaires autrefois. Poussé par ce désir ardent, Sidi Abû Madyan entama une longue et difficile quête, qui le vit sillonner inlassablement les plaines et les montagnes, sur les traces du sirr à reconquérir.

La quête de Sidi Abû Madyan dura de longues années au cours desquelles il rencontra des « amis de Dieu » qui lui transmirent la connaissance qu’ils détenaient. Mais chaque fois, une certitude continuait de l’habiter : ce n’était pas là encore le secret perdu qu’il aspirait tant à retrouver. Alors, il comprit qu’en fait ce secret ne se trouvait pas entre les mains d’un seul maître, mais qu’il en trouverait les traces chez plusieurs d’entre eux. C’est ainsi que ses trois principaux transmetteurs furent dans l’ordre chronologique : son oncle Hajj Mokhtar, son voisin Sidi Mahdi Bel ‘Ariane et Sidi Mohammed Lahlou.

Sidi Abû Madyan avait tout d’abord reçu l’enseignement dispensé dans la voie Qâdiriya Boudchichiya par l’intermédiaire de Hajj Mokhtar. Puis, après une quinzaine d’années de recherche, il reçut l’enseignement de Sidi Bel ‘Ariane dont personne ne pouvait mesurer l’état de sainteté tant ses comportements et ses agissements provocateurs le singularisaient. Outrepassant le masque des apparences, Sidi Abû Madyan reçut néanmoins l’enseignement que cet homme détenait et qui provenait de la voie Tijaniya. Sidi Bel ‘Ariane lui fit notamment franchir les étapes conduisant à l’anéantissement – fanâ – en Dieu.

Par la suite, Sidi Lahlou, un artisan tanneur de Fès qui lui aussi avait jusque là maintenue sa sainteté cachée aux yeux des profanes, apporta à Sidi Abû Madyan l’enseignement propre à la voie Chadhiliya. Sidi Lahlou avait eu pour maître Sidi Ben ‘Ali de Marrakech qui lui-même avait été le disciple direct du très renommé Moulay al ‘Arbi Darqawi (1743-1823). Il lui confia des invocations qui avaient la particularité d’éveiller des états extatiques spontanés – hâl –. Ceux-ci deviendront par la suite l’une des spécificités de la voie que Sidi Abû Madyan contribuait à revivifier.

C’est ainsi que Sidi Abû Madyan recueillit l’héritage à la fois rare et précieux de l’ensemble des connaissances détenues par les représentants des trois voies soufies parmi les plus répandues dans le monde : la Qâdiriya, la Tijaniya et la Chadhiliya. Il rencontra également plusieurs autres grands saints comme Muhammad ben Moussa et Tayib Chergui qui le jugèrent digne de recevoir ce qu’ils avaient eux-mêmes reçu. Ainsi, au cours des années 1930, Dieu permit à Sidi Abû Madyan de ramener le sirr dans la voie de ses ancêtres, et de devenir lui-même un maître spirituel investi de l’Autorisation divine d’éduquer les âmes.

Après l’aboutissement de sa quête, Sidi Abû Madyan se retira dans le massif des Beni Snassen, à Bouyahyi, dans la contrée de Taghajirt où vécurent ses glorieux aînés de la voie. Il livra pendant plusieurs années son enseignement dans la zaouïa à quelques rares disciples triés sur le volet, dans une rigueur ascétique intransigeante. Un jour, le destin amena l’un de ceux-ci à remarquer dans un mausolée la présence d’un jeune homme qu’il n’avait jamais rencontré auparavant. Frappé par la lumière qui se dégageait de lui, il fit part de cette rencontre à Sidi Abû Madyan qui lui demanda d’inviter à la zaouïa cet inconnu. Le jeune homme en question se nommait Sidi Hamza et était un membre de la famille Qâdiri Boudchich résidant à Madagh, dans le domaine agricole qu’avait fondé son grand-père Hajj Mokhtar. Il vint passer trois jours chez Sidi Abû Madyan qui se montra admiratif devant les prédispositions spirituelles de son visiteur.

Peu après, en 1942, Sidi Abû Madyan apprit le décès de l’une des sœurs de Sidi Hamza et décida d’aller présenter ses condoléances à la famille proche. Il quitta alors les montagnes austères pour rejoindre les fertiles plaines du nord. Il entra ainsi en contact avec son cousin Hajj Abbas, le père de Sidi Hamza. Cette rencontre allait être déterminante pour les dernières années de sa vie : en effet, Sidi Abû Madyan vint s’installer chez Hajj Abbas qui devint son plus proche disciple au même titre que Sidi Hamza. Il épousa en secondes noces, Lalla Zyneb, l’une des filles de Hajj Abbas, et, peu avant sa mort, il transmit le sirr de la voie conjointement à Hajj Abbas et à Sidi Hamza.

Il repose dans le cimetière de la zaouïa de Madagh et est considéré comme un maître pleinement accompli ayant eu une influence majeure dans le contenu de l’enseignement transmis au sein de la tariqa Qâdiriya Boudchichiya.

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